mercredi 27 octobre 2010
à 23h06, par BENKAM
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invité(e) Posté le : 17/06/2009 11:33 Mis à jour : 17/06/2009 12:31
Re : Pouvoir et société en crise
Qu’ont-ils et que vont-ils laisser après leur mort ou leur retrait du poste de commandement suprême ? Certains très rares ont écrit de belles pages durant les guerres de libération et d’autres s’ils ont survécu aux sanglants règlements de comptes,aux purges,à l’assassinat,aux geôles ouvertes et refermés par leurs propres compagnons. Nasser a nationalisé le canal de Suez et donné de la dignité à des millions de jeunes. Boumediène a été dans le Sud un 27 février en cautionnant un article,le 120,qui sonne comme le numéro d’une cellule. Yasser Arafat n’a eu comme destin que le combat pour son peuple sacrifié sur l’autel du pétrole arabe. Le Soudanais Mahjoub a été pendu haut et court. Deux ou trois autres ont fait élaborer des constitutions pluralistes aussitôt gelées,revisitées. Les dirigeants arabes n’aiment ni les lois suprêmes ni les autres. Ils refusent leur application après avoir fait semblant de les édicter à des parlements décorums,couteux et parfaitement inutiles. Pas une loi de progrès ne porte le nom d’un parlementaire ou d’un ministre arabe.
A.b.
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invité(e) Posté le : 17/06/2009 13:38 Mis à jour : 17/06/2009 17:37
Re : Pouvoir et société en crise
Bonjour,
Tout comme Justice je dis bravo à l’auteur de ce texte ,félicitations aux intervenants du débat qui font preuve d’une grande maturité contrairement à ceux qui s’expriment sur un autre site que j’ai eu le malheur de visiter et merci à Jijel echo.
Que peut on dire d’un pays où des milliers de jeunes décident de fuir en abandonnant familles,amis et repaires au risque de leur vie pour un avenir incertain sur une terre étrangére ? ;-confus
Comment peut-on qualifier ceux qui continuent à acclamer ce pouvoir en applaudissant des ***** qui grimacent et qui se prétendent diplomates ?
Qui sont ces figurants qui crient à tue-tête "tahia Bouteflika" alors que ce dernier a plongé le pays dans le chaos ?
Quelqu’un peut-il répondre à mes questions ?
Merci.
Salim.
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invité(e) Posté le : 17/06/2009 14:03 Mis à jour : 17/06/2009 17:39
Re : Pouvoir et société en crise
Bonjour,
Et pourtant,les deux siècles précédents,malgré deux guerres mondiales,ont fait avancer l’humanité et vu naitre des lois,des monuments érigés par le génie humain,des temples de la culture et de la technologie,des musées d’une richesse incroyable,des ponts qui défient les lois de la pesanteur,des trains qui roulent sous la mer,des montagnes millénaires percées entre des pays libres où les gens vont et viennent,sans frontières entre eux,travaillent hors des limites nationales et reviennent le soir dormir dans leur pays. Ce que font les Européens après s’être fait deux guerres monstrueuses est digne du plus grand respect. Chapeau bas,messieurs les dirigeants d’Europe ! Vos régimes font rêver les peuples d’Afrique et du monde arabe où les jeunes ne pensent qu’à tout prix arriver chez vous et se faire un avenir,un destin "normal" comme on dit en Algérie. " Moi être parfait,société pas mure." Les grands zaïms arabes ont dit et diront. Par la naissance,sans doctorats accumulés,sans jamais citer un poète,un écrivain,un artiste de leur sol,un film de chez eux,nos chefs plastronnent. Par la naissance,la cooptation,le meurtre de leur prédécesseur,le droit divin que se mitonnent des monarchies,des élections piège à…
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invité(e) Posté le : 17/06/2009 20:48 Mis à jour : 17/06/2009 21:08
Re : Pouvoir et société en crise
Les dirigeants arabes se veulent éternels…sur terre. Après ? ;-confus
Ils s’en moquent et ne songent jamais à graver leur gouvernance dans le marbre des mémoires,à travers l’amour sinon le respect de leur citoyens en laissant des réalisations grandioses. Le prophète des musulmans et ceux des deux autres religions révélées priaient dans le désert,à même le sol et les fidèles aussi. Ils n’avaient besoin pour convaincre que la parole. Les dirigeants arabes ont besoin de décibels,d’occuper les médias publics,de bigoteries archaîques,de fastueuses dépenses pour exister. Responsables de wilaya,syndicalistes officiels,ministres,obscurs hommes de l’ombre stigmatisent "leur" peuple, "leur" société toujours arriérés à leurs yeux et qui ne peuvent se hisser au niveau des cooptés incapables de donner des horaires fixes d’ouverture et de fermeture d’un bureau de poste,d’une mairie,d’une administration quelconque. Le temps mis par un chèque d’une wilaya à une autre les laisse indifférents.
Dans une rue centrale chaque commerçant adopte la peinture qui sied le mieux à sa culture, ses heures de travail et les tarifs qui lui conviennent.
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invité(e) Posté le : 17/06/2009 22:47 Mis à jour : 17/06/2009 23:22
Re : Pouvoir et société en crise
Nos "cerveaux" s’en moquent. Le taxi choisit l’itinéraire du client,le guichetier préfère terminer la causerie autour d’un café avec son collègue alors que les gens attendent. Nos "penseurs" dans leur bureau ne sont pas concernés.
Les entreprises publiques sont-elles autonomes et doivent rendre des comptes,ou bien sont-elles sommées de suivre les "orientations" de "la tutelle",quel que soit le bilan à justifier en fin d’exercice ? Mais personne n’est concerné par la question,sachant qu’un hôtel doit être privatisé comme étaient nationalisés un hammam,une minoterie ou une fabrique de rêveries.
Retour à la case socialiste, à l’intelligence indépassable du camarade qui gère "la tutelle" qui ne produit aucune idée nouvelle,aucun débat sur la mondialisation,l’après-pétrole,l’implication du citoyen dans la marche de sa ville,de son pays sur le fonctionnement de la justice,des hôpitaux,du transport,etc.
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invité(e) Posté le : 17/06/2009 23:37 Mis à jour : 17/06/2009 23:39
Re : Pouvoir et société en crise
" En vain le roi sera aux armes invincible
S’il n’est juste et ne fait la justice garder."
Du Bellay.
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invité(e) Posté le : 18/06/2009 00:01 Mis à jour : 18/06/2009 00:08
Re : Pouvoir et société en crise
La société n’est pas mûre pour la démocratie,des médias nombreux et pluralistes,les routes qui traversent les cités populaires,l’aspect hideux du ministères,d’institutions,d’hôpitaux,de mairies-bunkers,de quartier du fin de monde. "moi être parfait,peuple débile et arriéré",tel est le slogan exprimé sans rouge au front et sans aucun sens des responsabilités. Quant à la dignité,il faut la chercher dans les pays où un ministre d’état battu à une élection législative démissionne pour arracher la mairie de son douar. Mais là-bas,un maire est un maire qui sue pour être élu.
W.Churchill avait promis "du sang et des larmes".
Mitterand a fait abolir la peine de mort.
De Gaulle a lancé l’appel de juin.
Ghandi a battu le colonialisme.
L’Islande est une démocratie bien tranquille depuis mille ans.
Lincoln a supprimé l’esclavage et l’a payé de sa vie.
Sans Staline,le nazisme aurait duré .
Le roi d’Espagne a fait naître la démocratie et les libertés dans son pays. Un roi républicain et démocrate !
A la chute d’Hitler,deux ou trois dirigeants allemands ont fait de leur pays une très grande puissance économique et une splendide démocratie. Sur un champ de ruines en 1945 ! Dire ou conseiller aux dirigeants de tirer les leçons offertes par l’humanité ne sert à rien. Ils n’écoutent qu’eux-mêmes et des courtisans avides,incultes sans sens patriotique. l’Histoire et les générations montantes n’iront pas sur leur tombe pour les saluer.
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invité(e) Posté le : 19/06/2009 23:34 Mis à jour : 19/06/2009 23:50
Re : Pouvoir et société en crise
Bonsoir Salim,
Citation :
Que peut on dire d’un pays où des milliers de jeunes décident de fuir en abandonnant familles,amis et repaires au risque de leur vie pour un avenir incertain sur une terre étrangére ?
Avril 2009. Ca se passe dans un institut qui accueille des enfants aveugles à Oran. Il fait froid et il pleut. Les pensionnaires sont enfermés à l’intérieur du bâtiment et s’ennuient visiblement. Débarque un groupe de dames, membres d’une association caritative. Aussitôt, la situation s’anime. Les enfants, joyeux, déballent leurs cadeaux. L’un d’entre eux, appelons-le Youcef, 12 ans, se tient à l’écart, la mine renfrognée. Une des dames s’approche et tente de le dérider. Rien à faire !
Il ne te plaît pas, ton cadeau ?
Mmmm
Qu’est-ce que tu voudrais d’autre ? Je te promets que, si je peux, je te le ramène demain.
Mmmm
Allez, dis-moi, s’il te plaît.
Mmmm
Tout le groupe fait cercle maintenant autour de l’enfant. Les câlins, les questions fusent, toujours accueillies par le même grognement. Une des vieilles dames s’approche en écartant les autres. Elle prend délicatement le menton de l’enfant de sa main, lui soulève le visage et lui dit :
Dis-moi ce dont tu as envie maintenant. C’est un ordre.
Madame, je voudrais un visa.
S.B
à suivre
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invité(e) Posté le : 19/06/2009 23:36 Mis à jour : 19/06/2009 23:50
Re : Pouvoir et société en crise
Novembre 1957. Ca se passe à Stockholm, en Suède. 200 jeunes Algériens frigorifiés descendent d’avion et s’engouffrent dans un autobus qui les emmène vers l’Institut suédois du Pétrole.
La Suède a offert au FLN en guerre des bourses pour former les futurs cadres de la Sonatrach. Dans 5 ans, ils seront diplômés et occuperont, si tout va bien, des postes de responsabilité à la tête de l’entreprise qui pourvoira l’Algérie indépendante en capitaux pour son développement.
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invité(e) Posté le : 19/06/2009 23:37 Mis à jour : 19/06/2009 23:51
Re : Pouvoir et société en crise
Juillet 1962. Ca se passe à Alger. 16 jeunes gens, en costume cravate, redécouvrent à leur descente d’avion un pays poussiéreux, écrasé de chaleur. Les 184 autres membres du groupe ont fait souche en Suède, où ils ont fondé des familles et où ils occupent des positions enviables.
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invité(e) Posté le : 19/06/2009 23:38 Mis à jour : 19/06/2009 23:51
Re : Pouvoir et société en crise
Tous les jours que Dieu fait. Ca se passe sur des plages d’Algérie. De jeunes gens prennent la mer à bord de rafiots improbables. En fait de « Graal » occidental, ils ont souvent rendez-vous avec leur propre mort. Des déclassés, des marginaux ? Pas tous, loin s’en faut. Certains avaient un travail, une famille…
Quel point commun entre ces faits ?
Rien en apparence. Et pourtant, ils sont l’expression plurielle du mal-être algérien.
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invité(e) Posté le : 19/06/2009 23:39 Mis à jour : 19/06/2009 23:53
Re : Pouvoir et société en crise
La plupart des commentateurs lisent la situation actuelle de l’Algérie à travers le prisme habituel des difficultés économiques, sociales et politiques. Ces difficultés sont bien réelles. Les problèmes de logement, de chômage, de liberté d’expression, obsèdent une bonne partie de la population. Cette approche ne manque donc pas de pertinence. Elle est toutefois insuffisante. Elle ne rend pas compte de quelque chose de plus profond, tapi dans l’inconscient collectif de la société.
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invité(e) Posté le : 19/06/2009 23:41 Mis à jour : 19/06/2009 23:53
Re : Pouvoir et société en crise
Une nation est le fruit d’une construction. Souvent, les difficultés qu’elle traverse renvoient aux conditions de son établissement. Ainsi, le prurit séparatiste basque et dans une moindre mesure catalan rappelle la fragilité de l’unité espagnole. En Allemagne, les tensions Est-Ouest ne se sont pas totalement résorbées après la chute du Mur de Berlin et la réunification. Il y a en Italie une vraie ligne de fracture entre le Nord et le Mezzogiorno. Il y a même un parti politique qui participe au gouvernement Berlusconi et qui appelle ouvertement à la séparation politique. Et que dire de la petite Belgique écartelée entre Flamands et Wallons et dont l’unité semble bien compromise ?
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invité(e) Posté le : 19/06/2009 23:41 Mis à jour : 19/06/2009 23:54
Re : Pouvoir et société en crise
Les pays cités sont prospères, bénéficient des bienfaits de la démocratie et de la liberté d’expression. Ils ont mis des décennies, voire des siècles à se construire. Cela ne les met pas pour autant à l’abri d’une désintégration. C’est sans doute que, si les conditions économiques, sociales, politiques jouent un rôle certain dans le maintien de la cohésion d’un peuple, elles ne sont pas suffisantes dès lors que le sentiment national se révèle défaillant. Il semble bien qu’en dernier ressort, ce soit dans l’imaginaire que la Nation trouve la force nécessaire pour s’établir et durer.
Quid de l’Algérie ?
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invité(e) Posté le : 19/06/2009 23:42 Mis à jour : 19/06/2009 23:54
Re : Pouvoir et société en crise
A l’évidence, personne ne peut prétendre qu’un travail de construction de la Nation s’est fait dans la durée. On a décidé à la hâte que le fameux triptyque (islamité, arabité, amazighité) en fournissait le socle. Or, les nations se construisent sur des synthèses et non sur des juxtapositions d’identités. Les nations se construisent sur l’élaboration du désir de vivre ensemble et de partager un destin. Pour cela, il aurait fallu aller aux racines et y débusquer le seul socle qui vaille, celui de la mémoire partagée. Il aurait fallu qu’au lendemain de la guerre d’indépendance, un vaste travail fût engagé pour identifier les raisons qui ont permis à une puissance étrangère de réduire le peuple algérien à la servitude pendant 132 ans. Au lieu de cela, on nous a servi une histoire hagiographique en grande partie apocryphe, dont l’unique objet était de servir la gloire des dirigeants auto proclamés. L’Histoire ne repasse pas les plats, dit-on. Bonne princesse, elle a fait une exception pour l’Algérie. Il y a eu la vague de violence terroriste qui a ensanglanté le pays pendant une décennie. Plusieurs dizaines de milliers de morts plus tard, le pouvoir politique décrète l’amnistie, c’est-à-dire l’oubli. « Circulez, il n’y a rien à voir ! ». Une autre occasion a été manquée. La chape de plomb retombe. Le pays renoue avec ses pratiques clientélistes, sur fond d’hymne aux « constantes ».
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invité(e) Posté le : 19/06/2009 23:43 Mis à jour : 19/06/2009 23:52
Re : Pouvoir et société en crise
A force de refuser de revisiter les périodes charnières de notre Histoire, le sentiment d’appartenir à une communauté de hasard, taillable, corvéable, colonisable à merci, se renforce et le sentiment national se délite. Comment pourrait-il en être autrement quand la politique des gouvernants (mais aussi le voeu secret du peuple ?) consiste à mettre un voile pudique sur des périodes si douloureuses ? C’est ainsi que le malade et le médecin, complices dans le non-dit, refusent de nommer le cancer qui ronge le premier en espérant que ce refus de le désigner suffira à le faire disparaître
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invité(e) Posté le : 19/06/2009 23:44 Mis à jour : 19/06/2009 23:52
Re : Pouvoir et société en crise
Vaine entreprise. Aucune nation ne s’est construite sur l’occultation de son passé. Aucune nation n’a perduré en esquivant les questionnements fondamentaux que lui posent ses déboires historiques. L’Algérie ne fait pas exception à la règle. Elle se condamnerait à terme si elle devait persister dans cette attitude infantile. Les prémisses d’une secousse violente, de nature à remettre en cause la structure nationale, sont déjà présentes. Le rejet du « système » englobe de plus en plus le pays lui-même. Fuir n’importe où, quitter l’Algérie, tel est le nouveau credo de la jeunesse. Peut-être Youcef, l’enfant aveugle d’Oran, lie-t-il sa cécité à son algérianité ? Peut-être croit-il qu’ailleurs, dans cet Occident fantasmé, ce handicap n’existe pas ? Le harrag d’Alger ou de Annaba pense-t-il qu’il lui suffira de débarquer sur une plage d’Europe pour que soudain, ses soucis disparaissent et qu’il trouve enfin une vie « norrrrrmâle » (mot le plus courant du lexique francarabe) ? Non, sans doute. L’illusion, bien réelle, ne va pas jusque là. Et puis, comment expliquer la défection des ingénieurs « suédois » ? 1962 était pourtant l’année de toutes les promesses. Il se trouve que ces promesses ont été vite démenties par la prise du pouvoir à la hussarde d’un clan dont le premier geste a été d’imposer le silence et l’obéissance aveugle à la population. Sans doute nos ingénieurs « suédois » y ont-ils vu le signe que, décidément, l’indépendance n’allait pas accoucher de la nation de leurs rêves. Peut-être ont-ils compris que la leçon des 132 ans d’humiliations n’allait pas être mise à profit pour construire une citoyenneté qui la prémunirait contre la répétition du malheur ? Et puis, ces paysans massacrés qui n’ont droit qu’à une brève dans des journaux trop occupés à se répandre sur la mort de 5 Occidentaux ne sont-ils pas le symptôme patent du peu de cas que l’Algérien fait de lui-même, la preuve ultime d’une haine de soi profonde dont il se défera d’autant moins qu’il s’obstinera dans la culture de l’oubli ?
L’enfant aveugle, le harrag d’Alger, le villageois de l’Aurès, éprouvent le même mal de vivre dans une société dépourvue de sens. Tendus vers l’ »ailleurs », ils souffrent de l’absence d’autre perspective que la répétition sans fin d’un scénario connu dans lequel ils tiendront au choix, le rôle du muet, de l’imbécile, du mort
S.B.
Merci.
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