Que chacun travaille dans sa wilaya

vendredi 3 juin 2011
par BNIBRAS

Les ministères, institutions centrales de la République… ne devront employer, selon l’instruction de M. Ouyahia (septième point), que les citoyens résidant de façon régulière à Alger.

De ce recrutement, les citoyens résidant dans les autres 47 wilayas seront privés. Même dans les deux exceptions du même point, le recrutement au niveau des ministères n’est pas explicitement évoqué. Or, le plus grand nombre des postes d’emplois sont pourvus dans ces administrations centrales. Une direction de wilaya de n’importe quel ministère ne peut, logiquement, avoir besoin du même nombre de nouveaux employés, car la plupart des services sont centralisés au niveau de la capitale. N’ayant pas pris en considération cette réalité, pourtant évidente, l’instruction du Premier ministre donne libre cours aux ministres quant à la décision de portée nationale du concours. Cela risque de provoquer une vague de colère et de mécontentement. « Il fallait faire clairement la différence entre le recrutement au niveau des ministères et autres administrations centrales et au niveau des directions locales. L’accès à des postes d’emploi au niveau des institutions nationales doit être accordé à tous les Algériens, sans aucune exception. Car dans la logique de l’instruction de M. Ouyahia, la wilaya d’Alger est largement privilégiée par rapport aux autres wilayas. Outre les directions locales, l’ensemble des administrations centrales y est implanté », déplorent à l’unanimité des universitaires interrogés. « Il faut absolument changer cette perception des choses et souligner clairement que ce n’est pas aux ministres de décider, car il s’agit d’institutions centrales de la République », insistent-ils. M. Ouyahia prévoit, à travers ce point précis, de lutter contre le phénomène de « l’absentéisme et l’absence de logements de fonction ». Un argument qui est loin de convaincre. Il ne suffit pas de résider régulièrement à Alger pour être assidu dans son travail. Beaucoup de fonctionnaires venus des autres wilayas, qui louent des appartements ou vivent dans les hôtels à Alger, sont très sérieux dans leur travail. Outre cela, cette restriction pourrait encourager le trafic de certificats de résidence à Alger. Pour postuler à un emploi dans une administration centrale, il suffit d’avoir un document attestant la résidence du concerné à Alger. Et comme les chances de trouver un emploi à Alger sont de loin beaucoup plus importantes que dans le reste du pays, le commerce de faux papier risque de prendre des ailes. De 2006 à 2011, tous les concours étaient de portée nationale. Avant 2006, il était demandé aux employés issus d’autres wilayas de signer un engagement écrit à assumer pleinement leur responsabilité. « J’ai été recruté en 2004, et comme je n’avais pas de résidence à Alger, j’ai signé un engagement écrit stipulant que je devais assurer ma présence quotidienne et ne pas arriver en retard », témoigne S. M., cadre moyen dans un ministère. Infosoir


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