RAPPORT DE CONSTAT DECOUVERTE FORTUITE DANS LA WILAYA DE JIJEL

Après ses postés des 30/09/2008 et 06/01/2009, jijelecho.com diffuse in-extenso le rapport établi par les archéologues ayant visité le site de Bouafroune (OUDJANA) découvert fortuitement le 08 Octobre 2007 par Boukeffous Noureddine Ben Mebarek. < Suite à la découverte fortuite effectuée dans la wilaya de Jijel au sein de la Daïra de Bouafroune, commune de Oudjana, la direction de la Restauration et de la conservation a dépêchée de ses services en date du 23 janvier 2008 deux archéologues à savoir : Mme Izeboudjen-Outchernene Fatiha, chef de bureau, et Mlle Iguederzene Hayette, attachée de conservation sur les lieux de la découverte fortuite afin d’établir un rapport de constat.
Arrivées à jijel on a été reçues par le chef de service de la direction de la culture de la wilaya et le président de l’A.P.C de Oudjana, dans la même journée de notre arrivée on s’est dirigée vers le chef lieu de la commune de Oudjana une fois sur les lieux de la découverte, on a été guidées vers le site par un archéologue nommé Mohamed Krika et Mr Boukeffous habitant et connaisseur de la région d’Oudjana, le chef de service du patrimoine culturel de la D.C.W.Jijel, le vice président de la commune, le délégué du secrétaire de la commune de Oudjana, le président de cette commune ; et enfin des éléments des services de la Brigade de gendarmerie de la commune de Oudjana.
La visite des lieux découverts nous a permis de faire le constat suivant :
CONDITIONS DE LA DECOUVERTE :
Les structures ont été découvertes par Mr Boukfous Mohamed (1) lors des prospections qu’il fait dans sa région natale.
LOCALISATION DE LA DECOUVERTE :
Elle est située dans une région montagneuse connue par ses pâturages, ses terres d’oliviers et ses sources naturelles très abondantes en eaux (Photo 1).
CARACTERISTIQUES DE LA DECOUVERTE :
Il s’agit de plusieurs structures éparpillées dans de différents endroits de terres agricoles, elles se présentent comme suite :
Une structure située dans une montée de chemin qui mène vers les habitations (photo 2) elle est creusée dans une roche implantée dans le sol formant au centre un creu d’une profondeur égale à 40 cm laissant s’y regrouper les eaux de pluie, sa largeur atteint 45 cm, à ses proximités il existe une source d’eau naturelle toujours active (photo 3).
Non loin de la première structure et dans un chemin de ravin, on a retrouvé une deuxième structure enfuite entre les troncs de grands arbres , il s’agit d’un contre poids représentant un élément agricole connu dans l’époque antique et même dans les périodes plus tardives par un outil d’huilerie qui servait à écraser les olives pour en extraire l’huile (photo 4/5°.
Une structure a été également découverte représentant une tombe creusée dans une roche (pierre taillée ?) initialement implantée dans le sol, il s’agirait d’un sarcophage d’un individu adulte (photo 6).
Dans un endroit très proche de cette troisième structure on a retrouvé deux autres tombes de dimensions différentes (une grande et une petite), elles sont creusées dans une roche implantée dans un endroit élevé para port à l’endroit ou existe la structure précédente.
LIMITES ESTIMEES DU SITE :
La visite effectuée dans le site découvert nous a permit de voir que quelques structures, car d’après Monsieur Boukfous, il existe d’autres différentes dans leur formes et leur dimensions existantes dans différents endroits (photo 7), ce qui nous laisse penser que le site est beaucoup plus vaste qu’il parait au moment de notre visite, on rajoute à cette hypothèse que la région dans la quelle le site existe est connue par la diversité d’endroits ou sont implantées d’énormes roches semblables à celles qu’on a vue et dans lesquels les structures découvertes ont été creusées ce qui ne nous permet pas à présent de nous prononcer quand à la limite du site.
CONCLUSION :
La région de jijel a toujours été connue par la diversité de ses sites préhistoriques, et la structure géologique de son sol a favori l’installation de l’homme de cette période et l’a aidé à exploiter les richesses naturelles afin de survivre et de développer ses capacités de créations qui se sont manifesté pendant des millions d’années à travers les civilisations péhistoriques.
Sans se détacher de la période préhistorique qu’a connue la région de jijel, le site découvert est probablement un endroit très riche en vestiges archéologiques, on peut y trouver des vestiges archéologiques appartenant à la fin de la préhistoire précisement à la protohistoire, une période marquée par la présence de tombes funéraires connues sous le nom des dolmens. Malheureusement durant notre première visite nous n’avons pas pu voir ce genre de strucutres et à ce sujet le guide connaisseur de la région a signalé leur existence dans un endroit non loin de celui visité.
En ce qui concerne les structures identifiées durant notre visite, on pourrait suggérer d’après nos premières observations d’une part il s’agit de vestiges datant de la période antique, parmi entre elles celles qui ont été utilisées dans la fabrication de l’huile et celles qui ont servi à enterrer les morts, d’une autre part et sachant que cette région d’Oudjana est très riche en ce qui concerne le type de roche dans lesquelles ont été creusées les structures visitées, on peut conclure que l’homme dans cette région n’a jamais cessé d’exploiter les richesses que la nature de cet endroit lui offrait on peut également estimer que la matière première favori pour la fabrication des outils dont il avait besoin était les roches implantées sur place (dans le sol).
On peut dire qu’il s’agit d’un comportement non étrange pour l’homme de la région de jijel car même dans la période préhistorique l’homme s’approvisionnait généralement de la matière avec laquelle il confectionnait ses industries des endroits pas très lointains et donc on ressent une certaine continuité dans la pensée de l’homme à travers les temps et ce qui a peut être changé s’est l’apparition de nouveaux types d’outils grâce à un dévoloppement connu à travers le temps.
EN CONCLUSION LE SITE D’OUDJANA EST TRES IMPORTANT CAR IL PEUT PRESENTER UN MODEL DE SITES INDIQUANT L’ENCHAINEMENT DES ACTIVITES DE L’HOMME A TRAVERS LE TEMPS POUR DIRE QUE LES CIVILISATIONS ET LES FACIES CULTURELS QUE L’HOMME A CONNU NE SONT QU’UNE CONTINUITE DE SES CREATIONS ET DE SON DEVELOPPEMENT.
RECOMMANDATION :
Vue l’importance de la dimension estimée du site découvert ainsi que l’importance des vestiges trouvés on propose ce qui suit :
Faire une large prospection dans la région afin de répondre à l’hypothèse d’existence de Dolmens protohistoriques et celle portant sur l’éventuelle existence d’autres huileries antiques, et aussi afin de délimiter le site d’Oudjana, et afin d’atteindre les objectifs de cette prospection il est préférable que cette dernière soit faite par des préhistoriens, des archéologues spécialisées dans l’antiquité ainsi que des géologues.
Proposer une étude de recherche ayant pour thème les huileries de jijel et leur relation avec celles trouvées précédemment dans la région d’El-Kala dans le cadre du projet << Archéologie préventive >>, cette étude pourrait servir à comprendre le système agricole dans l’antiquité à travers la région de l’Est Algérien>>. Source : Copie du rapport, rédigé par Mme Izeboudjen-Outchernene Fatiha et Mlle Iguederzen Hayett, Année 2007.2008.
Cependant, il est utile de rappeler qu’en dépit de ce rapport rien n’a été fait pour la protection de ce site en vue de sa classification. M.F.TOUMI.
(1) - Il s’agit de Boukeffous Noureddine Ben Mebarek.



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