Réserve marine des bancs des kabyles (Jijel)

La réserve marine du banc des Kabyles est un haut fond situé approximativement à 3,4 milles de la côte la plus proche, et à 6,5 milles au nord-ouest de Jijel, chef lieu de wilaya (département). Le banc des Kabyles fait partie du parc national de Taza, comprenant un domaine terrestre et un autre marin (annexe). Le banc des Kabyles fait suite à un îlot, l’écueil de la Salamandre situé dans l’axe sud-est du banc. D’orientation générale sud-ouest – nord-est, le banc des Kabyles se présente sous forme de paliers, le premier localisé vers les 20 m de profondeur selon un axe préférentiel nord –sud, le second vers les 40 m selon une orientation sud-ouest – nord-est. Localisé à proximité de l’isobathe 50, le banc des Kabyles délimite l’extrémité du plateau continental qui ensuite plonge brutalement, pour atteindre en quelques centaines de mètres dans le sens de la longitude, l’isobathe 500, surtout dans sa partie sud-ouest. Une telle déclivité soumet le haut-fond à des courants violents qui érodent le banc, extrêmement vallonné, à l’image du vent qui modèle les dunes.
La réserve marine du banc des Kabyles est un haut fond situé approximativement à 3,4 milles de la côte la plus proche, et à 6,5 milles au nord-ouest de Jijel, chef lieu de wilaya (département). Le banc des Kabyles fait partie du parc national de Taza, comprenant un domaine terrestre et un autre marin. Ce statut particulier lui confère une protection légale, opérationnelle sur le terrain en raison de la présence d’une base navale à proximité, les autorités interdisant même l’accès au site lors de manœuvres militaires. Localisé au niveau de l’isobathe 50, le banc des Kabyles délimite l’extrémité du plateau continental qui ensuite plonge brutalement, pour atteindre en quelques centaines de mètres dans le sens de la longitude, l’isobathe 500, surtout dans sa partie sud-ouest. Une telle déclivité soumet le haut-fond à des courants violents qui érodent le banc. Couvrant une surface de l’ordre de 600 ha, Le banc des Kabyles représente une montagne sousmarine de nature volcanique vraisemblablement. Une étude en cours devrait en préciser l’origine mais les premières informations indiquent que l’apparition des hauts fonds de la région serait due aux conséquences du plissement alpin. La sédimentation est faible, la quasi-totalité du site étant rocheuse. Un sédiment meuble couvre cependant certains méplats, offrant un substrat propice au développement algal. L’ensemble des habitats sous-marins sont présents au banc des Kabyles. La flore comme la faune ont été à une époque récente, prolifiques. Les plateaux sont étagés autour de la pointe du banc localisé à – 07 m de profondeur. Les parties horizontales ou de faible déclivité sont tapissées d’un extraordinaire herbier à posidonie qui dépasse parfois un mètre de hauteur. Les espèces qui y vivent et dont l’inventaire est en cours se rencontrent par dizaines, voire par centaines, que ce soit les mérous Epinephelus marginatus, les badèches Epinephelus alexandrinus, ou d’autres espèces protégées, rares dans tout le reste de la Méditerranée. La taille des spécimens est souvent impressionnante, certaines badèches dépassant les 8 kg. Les espèces inventoriées ne sont cependant pas toutes abondantes, cas du cernier Polyprion americanum, plus rare, ou encore différents squales comme le renard Alopias vulpinus ou le peau bleue Prionace glauca. Les crustacés sont aussi remarquables, des langoustes Palinurus elephas gigantesques ont été observées, certaines atteignant les 5 kg. Cette diversité des espèces dénote de la diversité des habitats et surtout de l’originalité du site, peut-être le dernier de Méditerranée. La présence des espèces protégées, précédemment citées ainsi que d’autres telles que le mollusque Pinna nobilis ou la raie manta Mobula mobular confèrent au site une dimension régionale. Les paysages sousmarins sont saisissants (dans tous les sens du terme). En plongée, l’observateur a la sensation de se trouver dans un aquarium aux dimensions colossales. Ces caractéristiques rares présentent un intérêt primordial pour la communauté scientifique marine, d’ailleurs une étude a été lancée l’an dernier afin de dresser l’inventaire floro-faunistique du site. Les premières observations attestent d’un écosystème unique dans son dynamisme, lié indubitablement à la diversité des habitats présents. Site exclusivement sous-marin, le banc des Kabyles est une zone de frai, une nourricerie pour quasiment toutes les espèces inféodées aux substrats durs, approvisionnant l’ensemble des côtes sud ouest méditerranéennes. A l’évidence, le banc des Kabyles doit retrouver sa vocation première, c’est à dire jouer le rôle d’une zone refuge pour les géniteurs.
Suffisamment éloigné de la côté et des grandes agglomérations pour ne pas subir directement les dégradations dues à l’activité anthropique, le banc des Kabyles n’est pas soumis à des risques majeurs de pollution chronique ou insidieuse. La problématique de la zone est liée à la pêche, contrôlée et surtout incontrôlée. Jusqu’à présent, le banc des Kabyles n’a intéressé qu’une seule catégorie d’exploitants : les pêcheurs quels qu’ils soient, professionnels, amateurs, les chasseurs et les braconniers en bouteille. Il faut toutefois souligner qu’en matière de pêche récréative, certains passionnés parcourent plusieurs milliers de km pour venir y chasser, alors que la population locale s’intéresse plus à la pêche professionnelle.
L’accès à la pêche sur le site a été jusqu’à la fin des années 80, limité à quelques initiés bien équipés, connaissant parfaitement la région et capables de retrouver les amers. Depuis l’apparition des versions bon marché des systèmes de positionnement satellite, en particulier le GPS, les incursions sur le site se sont multipliées, le braconnage en bouteilles, limité auparavant à sa fraction congrue, est presque devenu un sport national. Malgré une concurrence sur la ressource, les protagonistes ne se rencontrent que très rarement, les premiers évitant la zone quand les seconds s’y trouvent. La richesse certes encore spectaculaire, a quand même perdu son caractère magique, les bancs de badèches se sont raréfiés, les sars royaux Diplodus cervinus de plus de 2 kg, communs par le passé, sont devenus exceptionnels, autant d’indices irréfutables d’un appauvrissement local. L’étude menée devrait aboutir à une proposition de mesures alternatives. Une approche de préservation consiste à diversifier la fonction du banc des Kabyles en valorisant ses qualités écologiques et environnementales par le tourisme. A l’évidence, bien organisée et régentée de manière appropriée, l’activité touristique peut exploser, surtout pour la plongée, le banc des Kabyles pouvant rivaliser avec n’importe quel "spot" méditerranéen ou de la mer Rouge. Le site est d’ailleurs doté de certaines défenses naturelles pour éviter les méfaits du tourisme de masse. La remontée brutale du relief sous-marin se traduit par des courants assez violents le plus souvent, limitant la plongée à des plongeurs avertis, aguerris, dotés d’une solide capacité de résistance, ce qui en réserve l’accès à de chevronnés uniquement. Cette option présente en plus l’avantage de nécessiter des aménagements élémentaires résumés au balisage de la zone et à l’installation des infrastructures d’amarrage afin d’éviter la destruction de la roche par les ancres. Situé dans les eaux sous juridiction nationale, le banc des Kabyles ne suscite aucun litige international ou national. Le plan de gestion, en cours d’élaboration rappelle les principes de conservation dans un contexte de développement durable. Les objectifs de préservation sont confiés au Commissariat National du Littoral (CNL) chargé de la préservation des réserves marines. Pour ce faire, cet organe d’exécution est aidé par un Conseil Scientifique (un conseil d’orientation en fait) regroupant l’ensemble des ministères concernés. Les tâches qui restent à accomplir, une fois les aménagements physiques réalisés, consistent essentiellement à la formation du personnel chargé de la surveillance et de l’information. La première mission est assurée légalement par le Service National des Garde-Côtes tandis que la seconde relève du personnel du parc national de Taza. En termes financiers, les opérations seront assurés par le budget propre du parc national, les ressources du CNL et la coopération internationale.




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