« Revoir mon Bazoul et mourir »

jeudi 3 septembre 2009
par BENKAM

Bazoul, commune de Taher, wilaya de Jijel : une petite localité côtière, qui jadis était un petit coin de paradis, où il faisait bon y vivre, subit actuellement les affres de la bêtise humaine incarnée par les autorités locales et tous leurs démembrements dans le but inavoué d’en faire une zone d’activités pour les initiés… En 1958, plus de 38 obus se sont abattus sur cette mechta. Aujourd’hui, ce sont des armes de destruction massive qui la ciblent et contre lesquelles aucune parade n’est possible. Même le modeste mausolée de Jida Tanefdourt a été rasé pour réaliser une plateforme à l’occasion de la visite du président de la République.

Les vieilles du village ont assisté la mort dans l’âme à l’œuvre destructrice des engins espérant un miracle qui n’est jamais venu. En effet, après le pillage inqualifiable et criminel du sable jusqu’à disparition du cordon dunaire par une maffia ayant pignon sur rue et évoluant dans les salons feutrés des sphères occultes du pouvoir avec le qualificatif péjoratif de notables, une autre source de vie de la région, à savoir oued Nil, est en train de mourir sous les assauts répétés des pollueurs. Les citoyens de cette localité ont adressé un pathétique cri de détresse, appuyé de centaines de signatures, au président de la République pour mettre un terme à cette catastrophe écologique d’envergure. Six ans après, la volonté d’en finir avec cette petite localité se confirme : - Le cordon dunaire avec sa végétation a pratiquement disparu et je rends hommage à tous ceux qui ont tenté de dénoncer la maffia du sable. - Oued Nil devenu une décharge anarchique et un exécutoire des égouts et résidus industriels, condamnant ainsi l’unique activité de la région, à savoir l’agriculture. Les terres agricoles ont été déstructurées par l’ouverture de routes abandonnées par la suite. - La faune en ce moment même est en train de mourir dans l’indifférence totale. Les autres espèces, telles que les hérissons, les tortues, les lièvres, les lézards, ont déjà disparu avec la disparition progressive de leur habitat. La Direction de l’environnement est en réalité une caution macabre de tous les crimes commis contre la nature. Leur cécité est édifiante même pour les environs immédiats. Le citoyen sait qu’un plan de liquidation des ressources naturelles de ce petit village initié dans les salons du terrorisme administratif (*) depuis plus d’une décennie est en train de se concrétiser lentement et sûrement. On a bien implanté une gare de tri dont on disait à l’époque que c’était la plus grande d’Afrique. On a bien implanté le port de Djen-Djen, qui paraît-il, s’inscrivait dans le fameux axe Jijel-Bamako. On tente toujours, après avoir détruit ce que Dieu a créé, d’implanter des centrales à bitume… Dans toute cette histoire, le petit et modeste Bazouli, à part le fait que par moments le train ou les pilleurs nocturnes de sable lui fauchent des vies et des bêtes, n’ayant plus de terre à cultiver, n’ayant plus rien à espérer, ni même un oued pour les randonnées, n’ayant bénéficié d’aucun emploi ni à la gare ni au port ni ailleurs, ne perd pas espoir…. Il est convaincu que tôt ou tard, le bateau que nous baptisons sans champagne Baba Arroudj et qui trône au centre- ville de Jijel finira par appareiller pour un monde meilleur. Je serai du voyage… Pour revoir mon Bazoul et mourir.

Amine Hamdi

(*) Ce concept a été entendu pour la première fois en 1994 lors de la visite du chef du gouvernement à Jijel.

Source : le soir d’Algérie


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Réactions

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jeudi 4 novembre 2010 à 19h32, par  BENKAM

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 03/09/2009 18:34 Mis à jour : 03/09/2009 19:00
Re : « Revoir mon Bazoul et mourir »
Monsieur Hamdi merci pour l’article

Ce n’est pas seulement ça, ce petit village l’un des meilleurs de Jijel a subi les affres d’une destruction forestière de la part d’un Ghamite, qui a détruit la belle foret de laakayeche, les anciens maquisards venant des montagnes ont pris des terrains comme Di boufara qui faisait jadis le bonheur des familles, des footballeurs et des scouts venant des régions les plus reculées de l’Algérie. Elle où La fontaine daghbal ou celle de maazarr que les autorités ont préféré y alimenté la ville de Jijel alors que les gens de cette localité boivent de l’eau rougeâtre tirée d’une autre source. La plate forme sur laquelle se trouvait le mausolée de Jidda Tanfdourte s’est transformé en lieu de tirs où l’armée de temps à autre venait vider ses provisions en bombardant Sadat, le résultat aucun résultat juste pour le spectacle. Où sont-ils les arbres fruitiers des fermes Augier envahies aujourd’hui par les serres qui malheureusement n’arrivent pas à nourrir les fellahs. Cette situation est générale, un peu partout c’est le même phénomène, pourquoi détruire par exemple une réserve naturelle comme celle d’El-Kala. Détruire la nature, c’est détruire l’Algérie ! Ceux d’en haut nous privent aujourd’hui des dernières belles choses qui nous donnent de l’espoir pour s’accrocher à cette terre.

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