SUR LES TRACES DE L’AQUEDUC ROMAIN D’IGILGILI

Etant sans cesse intrigué par le résultat de recherche donné à ma requête par l’encyclopédie libre Wikipédia sur les AQUEDUCS ROMAINS, j’étais vraiment étonné de savoir que l’antique IGILGILI figurait parmi la liste des villes antiques qui bénéficiaient de tels ouvrages d’une importance capitale pour l’édification de cités et colonies romaines. Malgré les rarissimes ressources documentaires qui traitent de la période antique de Jijel, l’organisation de fouilles archéologiques demeure le seul moyen pour localiser les traces du passage de civilisations d’une part et faire ressortir les secrets enfouis sous terre témoignant de l’ingéniosité et l’exploit de ces hommes qui ont marqué éternellement le passage lié à leur civilisations.
Par S Draa (Maâlem)
Les aqueducs romains ont laissé de nombreux vestiges, notamment des ponts-aqueducs comme le pont du Gard en France, l’aqueduc de Ségovie en Espagne, l’aqueduc de Carthage en Tunisie (voir Liste des aqueducs romains) . Cependant, la plus grande partie du parcours de ces aqueducs était souterraine, et bien moins spectaculaire que les ponts et viaducs qui persistent encore.
L’étymologie du mot « Aqueduc » nous fournit sa réponse, c’est un mot latin formé de « aquaeductus », aqua, (ae, f ; l’eau) et de ductus, mot dérivé de ducere qui veut dire conduire. Le terme « aqueduc » désigne donc un ouvrage destiné à conduire l’eau. Les aqueducs anciens utilisaient la simple force de la gravitation pour acheminer l’eau : il suffisait de donner une légère pente aux conduites pour que l’eau coule vers sa destination. L’inconvénient était que pour passer une colline, il fallait soit creuser un tunnel, soit la contourner ; de même, pour passer une vallée, il fallait construire un pont ou utiliser un siphon. « Ce sont les eaux qui font la ville » (Pline l’Ancien, Histoire Naturelle) (1) Sextus Julius Frontinus (2), nous dit à plusieurs reprises sa volonté que le courant d’eau ne soit pas interrompu, c’était donc pour les romains faire la démonstration de la domination de l’homme sur la nature, dans le temps et dans l’espace. Denis d’Halicarnasse, historien du 1 er siècle avant J.C. n’hésite pas à dire ; « Pour moi, au rang des trois plus magnifiques œuvres romaines par lesquelles apparaît le mieux la grandeur de l’Empire, je place les aqueducs, les voies, puis les égouts non seulement en raison de leur utilité, mais aussi à cause des dépenses qu’elles ont entrainées » (Les antiquités romaines : les origines de Rome). La seule description ou allusion faite à l’aqueduc d’Igilgili par les historiens , le décrivait démarrant de la fontaine de l’Oasis pour aboutir à Bab Essour où existait un grand bassin de collecte d’eau qui desservait la cité et ses environs , construit probablement (Hypothèse) lors de la fondation de la ville en 33 ap.J.C., sous Octave, (Voir le site de Karim.Hadji : jijel-archeo.123.fr (3)
Malheureusement à ce jour, aucune étude, fouille ou recherche n’a traité de cet ouvrage architectural antique sauf que je garderai en mémoire le témoignage d’un ami (Cheriti.A/Nacer) qui un jour au moment de travaux d’ouverture de tranchées au milieu de la route qui mène du lycée El Kendy vers Village Mustapha juste à coté du Kiosque au coin , se rappela avoir vu à une profondeur a peu prés de 1m 30 , un genre d’ouvrage en arcade que les autorités à l’époque ( 1988-1990) ont vite tenu de remblayer. Espérons qu’un jour dans le futur très proche, le secret de cet aqueduc souterrain serait dévoilé par nos chercheurs archéologues et porté à la connaissance du grand public.
Vice président de l’association Maalem (Repères) S.Draa maalem.sosblog.fr Email : archeo.maalem@yahoo.fr
Bibliographie : (1) « Histoire naturelles » par Pline l’Ancien ; livre XXXI, Chap. XXXI, trad., G.Serbat, Ed les belles lettres (1972) (2) « les aqueducs de la ville de Rome » par Sextus Julius Frontin, trad., Pierre Grimal, Ed les belles lettres (1961) (3) http://www.jijel-archeo.123.fr/html/a … jel/villeromainejijel.htm Les Aqueducs Antiques par Jean Claude Litaudon : Conduire l’eau ; Aquae Ductus (2004) www.traianvs.net/textos/aque…



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