Si le temps m’était conté

mardi 14 juillet 2009
par BENKAM

Si le temps m’était conté

Bien malin à la manière de quelque hanafite,chaud partisan des hials (ruses ?)celui qui,au pied levé,nous donnerait une définition un tant soit peu convaincante de la Mou’assara traduite par Modernité et n’exprimant que la contemporanéité. Le contemporain n’est que moderne dites-vous ? Ou dans le contemporain y-a-t-il du Moderne et du non-moderne ? Nous nous posons des questions parce que c’est notre droit et notre devoir d’agir de la sorte.

Moderne et contemporain disons-nous ? Moderne, cela concerne tous les secteurs de la vie sociale humaine. Cela dit aussi un état des hommes en comparaison avec ce qui pour nous est la tradition,à ne pas confondre avec la conservation. Et si la tradition c’est ce qui est remis par une génération à une autre génération ou ce qui est imité par une génération reprenant à son compte ce qui est légué par une génération ; nous comptons bien que nous sommes à tous les coups renvoyés à un quelconque passé. Si la modernité est de son présent ou de son contemporain,elle "se" dit inévitablement et à sa manière un passé. Elle produit et consomme tout en (l’)échangeant un passé qu’elle (se)recycle). Cette démarche de toute contemporanéité en vue de s’approprier un passé,qu’elle désapproprie de lui-même d’une autre façon ; nous l’appelons une traditionnalisation. Son résultat,c’est une tradition. Mais le passé lui-même ne reste pas avec des "bras croisés". Il ne git pas dans une inertie. Il se défend. Il est offensif. Peut être "dur à cuir". Ou facile "à cuire". A digérer. Cette dynamique est ce qui en est tiré, soit à désigner par le même terme de conservation. Que la modernité traditionnaliste et qu’un passé conserve, celle-là suggère bien, qu’elle n’est souvent à comprendre qu’en référence à ce qui lui est antérieur. C’est le présent ou le futur en comparaison et interagissant avec un passé. Immanquablement nous sommes rattachés à un axe temporel, ce qui à notre sens,n’est pas sans quelques fertilités. En guise d’exemples, Jésus venant après Moise n’est-il pas à placer en le carré de la modernité ? De même n’en est-il pas pour l’Islam vis-à-vis du Christianisme ? Et Rome par rapport à Athènes ? Ou Byzance dans sa relation avec Rome ? Ou la Grande-Bretagne après l’Espagne et la Hollande, dans une période plus proche de nous ? Dans cette perspective,la modernité couvrirait un champ excessivement étendu et comme compréhension ne serait plus qu’un moment par rapport à un autre moment et de sorte que celui-là constituerait l’aboutissement de celui-ci. La modernité serait en posture de l’après par rapport à l’avant. Ou alors en le gilet d’un post-moment-dépassé. Elle dirait un dépassement en cours d’accomplissement ou déjà accompli. Mais alors, si nous avons peu de chances de ne pas nous égarer, nous en avons par contre beaucoup de rester à la surface des faits et des idées. Une modernité comprise et vécue comme telle ou telle modalité de passage ainsi que de résultat de passage,a trait évidemment au temps. Et notre définition globale perçoit dans le temps, la relation qui rive en quelque circonstance que ce soit. L’unité a sa différence et vice-versa. Dès lors et à notre sens, l’intérêt d’une pareille sollicitation par ce qui est dit modernité,s’amoindrirait. De là, et de par l’exigence d’un approfondissement, ainsi que par la pression d’un besoin, se fait jour l’appel à une notion et à un concept de modernité autrement plus opératoires parce que cernés et délimités avec plus de poids. Donc,restant ouverts. Dans ce sens, la modernité sera l’expression d’un monde en émergence et émergé après l’Islam et pourquoi pas toutes les religions,les grandes monothéistes en particulier ? Prendre le risque d’en référer de façon privilégiée au temps, c’est du même coup souscrire-même à son corps défendant- à l’idée de progression et de régression. Dans nos termes, si l’homme-forgeron inventeur des métaux, utilisateur des vices et des vertus de ceux-ci, a traduit son existence sur terre, par la philosophie et la science, alors la modernité est requise en vue de l’interpréter dans toute sa complexité. Né dans le quatrième millénaire d’avant Jésus-Christ, il s’est positionné en face de l’homme-cultivateur, ce citoyen attiré des grands bassins fluviaux placés eux-mêmes sur la surface du globe terrestre, au travers de dynamiques géologiques autonomes et peu négligeables. Que répéter ? Si ce n’est qu’armé de moyens nettement plus efficaces que ceux de l’homme-cultivateur, l’homme-forgeron ne se fatiguera point tout au long de ses siècles, d’élargir la portée tout autant de l’unité que de la différence. Pour l’universalité,il l’est. Pour la spécificité aussi. Pendant longtemps et après coup, sa soumission à l’homme-cultivateur n’aura été que relative. Et en temporalité, de ce qu’il nous convient d’attribuer au Méta-Maître qu’il a été par rapport au Maître cultivateur en ce temps-là, qu’à-t-il été sinon en angle de guidance ? Et dans ce cas, le Méta-Maître, constituant un pôle d’orientation pour des événements socio-historiques, sans y acquérir le statut permis par la dominance. Au juste, celle-ci sera l’œuvre d’un homme-forgeron parmi d’autres sur la face d’un globe, mais ayant toutefois poussé comme une plante sur la pointe extrême-occidentale de l’Europe, à partir du seizième siècle. Le capitalisme, c’est l’apogée d’une longue épopée dont l’auteur n’a été que l’homme-forgeron à l’échelle planétaire. Est modernité, le temps depuis l’origine de l’homme-forgeron, jusqu’à sa crise présente. Et comme une crise c’est une transition vers un autre moment, admettons que ce personnage haut en couleur et en rebondissements, a à s’envisager pour lui-même son Méta-Maître ou alors son successeur socio-historique. Celui qui nous est promis sous le masque de l’homme cybernétique. Et à titre d’arrêt obligatoire dans notre cheminement, le saut désigné par cette crise, se déroule vers un mélange qui classera côte à côte dans la modernité, l’homme-forgeron et son homme-cybernétique. à suivre…

A.B.A.


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Réactions

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mercredi 3 novembre 2010 à 01h39, par  BENKAM

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invité(e) Posté le : 14/07/2009 18:50 Mis à jour : 14/07/2009 19:03
Re : Si le temps m’était conté
Malheureusement la modernité ou la mondialisation a boulversé nos traditions et notre mode de vie ancestral. Regardons seulement les mariages, avant la mariée entre sous les champs traditionnels : « Salou Ala Anbi » aujourd’hui la chanson vulgaire s’est installé de force déchitant ces rideaux de la pudeur entre les générations et les membres de la même famille.
La gastronomie par exemple, avant toute la famille mange ensemble dans une grande gessaa, un aura de convivialité entoure les membres de famille, aujourd’hui, le meilleurs mange dans son assiete distant d’un mettre ou plueisieurs de celui en face, sans parler de la culture de hot dog et de la sandwecherie.
Bon bref, la modernité a son côté positif, mais elle nous a coupé de nos racines.


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invité(e) Posté le : 15/07/2009 15:57 Mis à jour : 15/07/2009 16:34
Re : Si le temps m’était conté
Dans une société "dichotomisée", scindée entre une volonté d’intégration de plain-pied dans le monde moderne et son désir légitime de sauvegarder ses racines, nous sommes en inadéquation totale ; partagés entre notre réalité objective et les apparences d’un monde extérieur auquel nous voulons ressembler à tout prix (c’est le cas de le dire) au détriment de notre bien-être, de notre culture, de………
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invité(e) Posté le : 15/07/2009 16:03 Mis à jour : 15/07/2009 16:33
Re : Si le temps m’était conté
Si l’échec du mouvement dit fondamentaliste est éclatent, vu l’obscurantisme de ses adeptes, celui des modernistes est moins visible mais tout aussi patent.
C’est dans la manière dont ils abordent le débat héritage/modernité que les modernistes se différencient des réformistes et fondamentalistes, plus précisément quand il s’agit de se décider pour un projet de société. Celui-ci est interprété de façon fort différente suivant l’idée que l’on se fait de la cité musulmane et du rapport entre la dimension spirituelle et la dimension temporelle.


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invité(e) Posté le : 20/07/2009 10:53 Mis à jour : 20/07/2009 11:11
Re : Si le temps m’était conté
Partis d’un sens jugé par nous-mêmes trop général, ne nous voilà-t-il pas devant un sens presque tout aussi général ? Nous indiquons que cela est mieux, que le presque rien de la première définition voulant appréhender,la modernité.
N’éludons et n’élaguons pas une question épineuse : le religieux islamique ou islamiste,en référence à quels droits et à quels devoirs,est-il en mesure de définir une modernité ? Nous savons qu’il l’est contre vents et marées, mais dans quelles conditions temporelles,voire temporaires ? Que le fait religieux présente une unité propre à lui, cela ne fait aucun doute. Mais que l’on crie jusqu’à la surdité qu’en le religieux est exclue toute division, cela a suffisamment de quoi friser le bon vieux totalitarisme.
A propos du religieux se proposant de nous définir la modernité, les questions reconnues habituellement sont là pour nous. C’est le qui ? Où ? Quand ? Comment ? Avec qui ? Pourquoi ?
Est religieux le moderne lui-même, qui se penche sur son passé, parce qu’incluant en lui-même et quelle que soit son essence, une parcelle de religion et de magie. Lorsqu’un acteur de la modernité se prend une religion et s’en éprend, c’est pour se confectionner à partir d’elle en tant qu’autorité, une tradition. La tradition du moderne. La modernité est sûre de son ampleur, à unifier ce qui est antérieur à elle. Ce qu’elle passéise. Quand elle se reconnaît à elle-même une tradition, elle n’opte pour une différence - religieuse dans ce cas - que parce que convaincue de son essence d’unificatrice. De résorption portant sur le temps. D’absorption agissant sur le temps. Ce religieux, c’est la tradition et la tradition est une invention de la modernité, qui se donne par là un moyen pour accomplir une fin et un destin socio-historiques. Au fond, l’homme-forgeron et l’homme-cybernétique sont religieux dans le sens où ils plongent leurs racines dans le suc de la surnature.
Mais comme la modernité sise en pays d’Islam est articulée à celle d’Occident, elle fait valoir aux yeux de celui-ci, un aspect religieux qui tiendra lieu de spécificité, c’est-à-dire de différence. Au tournant, la tradition est requise en tant qu’étape unifiante et différenciante. Mais il y a que la division sociale du travail ou la spécialisation que nul n’est à même de nier, impose à nos faits et à nos consciences, le point de vue religieux.
Ici, vouloir détenir la modernité en une tentative de définition, c’est vouloir appréhender ce qui nous est extrinsèquement en vue de nous repérer en vue de nous approprier nous-mêmes. C’est le statut du passéisme par un autre que lui-même et tombant alors dans ce qu’un langage usité appellerait le dialogue entre les civilisations.

A.B.A ( à suivre)


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invité(e) Posté le : 20/07/2009 11:51 Mis à jour : 20/07/2009 11:56
Re : Si le temps m’était conté
Pour qu’une civilisation s’énonce clairement à elle-même et à d’autres qu’elle-même, elle est d’abord dans l’impératif catégorique et hypothétique de se faire une idée de ce qui lui sert de partenaire et de répondant. C’est d’autant vrai que cette civilisation jouit pleinement de sa dépendance à l’égard de l’Occident (ancienne et nouvelle) dans laquelle elle "barbotte".
Depuis sa station temporelle, l’émetteur-récepteur islamique annonce un émetteur-récepteur autre que lui-même, mais qui lui est identique et par rapport auquel il affirme sa différence.
C’est à ce prix que toute prononciation, toute énonciation ou dénonciation sont possibles.
Nous n’ignorons pas qu’avec la vue s’instituant dans l’extra-temporalité, plus aucun problème n’attend à être formulé ou à trouver de nouvelles solutions. Nous sommes alors face à ce musulman qui se réclame d’un extra-monde et qui a décidé a priori, avoir eu raison en dépit de tout raisonnement. La philosophie et la science sont les servantes de sa religion et tout au plus ses égales à condition qu’elles en soient nées.
Ce qui est quand même une naissance bien amoindrissante. Évidemment, dans ce regard tout est définitivement acquis. Et si par perplexité nous y admirons la conviction ferme, nous sommes quand même ahuris par le nihilisme qui y germe. Là, le dialogue s’embrase en monologue et la terre peuplée dans ce cas de sourds, envierait au cosmos tout son silence. Heureusement que nous n’y sommes pas totalement. Et heureusement qu’au fond de toute parole et de tout ce qui se fait est planté un dialogue. Ca l’est, parce que l’Homme est hommes. Qu’il est dans sa différence avec ses semblables, en cas de réflexion ou d’action.
Comptons donc sur un échange entre les modalités par lesquelles l’homme est, et a été, ou sera.
Dans ce coup-ci et à travers ce séminaire, la modernité est soit en place de Maître ou d’Esclave. Et l’estimer dans le statut et le rôle de Maître, c’est s’attribuer ceux de Contre-Maître et d’Esclave. Envisager l’inverse, c’est s’ériger en Maître. Dans les deux cas, c’est prendre le temps par ses deux cornes, d’autant qu’il est la jointure, entre toute unité et toute différence, qu’elle affronte. A titre de postulats, il y a :
- Toute vérité, en ses aspects stables et variables, concerne en fin de compte l’homme qui est le siège de réalités socio-historiques. C’est que nous sommes nés pour vivre et mourir un jour et non pas selon le désespoir allemand pour mourir uniquement.
- Le message religieux est confronté au temps où se tiennent des dynamiques d’unification, et de différenciation et où aucun passé n’est jamais complètement aboli, mais recyclé en fonction du présent et de l’avenir. Parce que précisément l’Islam est dit une religion à portée temporelle et spirituelle, et cela lui sera un piège tout aussi qu’une ruse.
- Prendre pour objet d’attention scientifique ou idéologique l’Islam, c’est s’autoriser des angles d’approches variés, soit des méthodologies aussi nombreuses (au moins) que les disciplines recensables.
Dès lors que deux acteurs socio-historiquement repérés s’interpellent, ils s’adaptent l’un à l’autre, ce qui signifie qu’ils sont engagés dans l’infernal et paradisiaque processus de maîtrise-esclavage, retenons d’unité et de différence. Et pour l’Islam tel que pensé par les hommes, il y a au commencement des temps présents, un profond et horrible, voire insoutenable sentiment d’échec.

A.B.A (à suivre)

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