Si le temps m’était conté

Si le temps m’était conté
Bien malin à la manière de quelque hanafite,chaud partisan des hials (ruses ?)celui qui,au pied levé,nous donnerait une définition un tant soit peu convaincante de la Mou’assara traduite par Modernité et n’exprimant que la contemporanéité. Le contemporain n’est que moderne dites-vous ? Ou dans le contemporain y-a-t-il du Moderne et du non-moderne ? Nous nous posons des questions parce que c’est notre droit et notre devoir d’agir de la sorte.
Moderne et contemporain disons-nous ? Moderne, cela concerne tous les secteurs de la vie sociale humaine. Cela dit aussi un état des hommes en comparaison avec ce qui pour nous est la tradition,à ne pas confondre avec la conservation. Et si la tradition c’est ce qui est remis par une génération à une autre génération ou ce qui est imité par une génération reprenant à son compte ce qui est légué par une génération ; nous comptons bien que nous sommes à tous les coups renvoyés à un quelconque passé. Si la modernité est de son présent ou de son contemporain,elle "se" dit inévitablement et à sa manière un passé. Elle produit et consomme tout en (l’)échangeant un passé qu’elle (se)recycle). Cette démarche de toute contemporanéité en vue de s’approprier un passé,qu’elle désapproprie de lui-même d’une autre façon ; nous l’appelons une traditionnalisation. Son résultat,c’est une tradition. Mais le passé lui-même ne reste pas avec des "bras croisés". Il ne git pas dans une inertie. Il se défend. Il est offensif. Peut être "dur à cuir". Ou facile "à cuire". A digérer. Cette dynamique est ce qui en est tiré, soit à désigner par le même terme de conservation. Que la modernité traditionnaliste et qu’un passé conserve, celle-là suggère bien, qu’elle n’est souvent à comprendre qu’en référence à ce qui lui est antérieur. C’est le présent ou le futur en comparaison et interagissant avec un passé. Immanquablement nous sommes rattachés à un axe temporel, ce qui à notre sens,n’est pas sans quelques fertilités. En guise d’exemples, Jésus venant après Moise n’est-il pas à placer en le carré de la modernité ? De même n’en est-il pas pour l’Islam vis-à-vis du Christianisme ? Et Rome par rapport à Athènes ? Ou Byzance dans sa relation avec Rome ? Ou la Grande-Bretagne après l’Espagne et la Hollande, dans une période plus proche de nous ? Dans cette perspective,la modernité couvrirait un champ excessivement étendu et comme compréhension ne serait plus qu’un moment par rapport à un autre moment et de sorte que celui-là constituerait l’aboutissement de celui-ci. La modernité serait en posture de l’après par rapport à l’avant. Ou alors en le gilet d’un post-moment-dépassé. Elle dirait un dépassement en cours d’accomplissement ou déjà accompli. Mais alors, si nous avons peu de chances de ne pas nous égarer, nous en avons par contre beaucoup de rester à la surface des faits et des idées. Une modernité comprise et vécue comme telle ou telle modalité de passage ainsi que de résultat de passage,a trait évidemment au temps. Et notre définition globale perçoit dans le temps, la relation qui rive en quelque circonstance que ce soit. L’unité a sa différence et vice-versa. Dès lors et à notre sens, l’intérêt d’une pareille sollicitation par ce qui est dit modernité,s’amoindrirait. De là, et de par l’exigence d’un approfondissement, ainsi que par la pression d’un besoin, se fait jour l’appel à une notion et à un concept de modernité autrement plus opératoires parce que cernés et délimités avec plus de poids. Donc,restant ouverts. Dans ce sens, la modernité sera l’expression d’un monde en émergence et émergé après l’Islam et pourquoi pas toutes les religions,les grandes monothéistes en particulier ? Prendre le risque d’en référer de façon privilégiée au temps, c’est du même coup souscrire-même à son corps défendant- à l’idée de progression et de régression. Dans nos termes, si l’homme-forgeron inventeur des métaux, utilisateur des vices et des vertus de ceux-ci, a traduit son existence sur terre, par la philosophie et la science, alors la modernité est requise en vue de l’interpréter dans toute sa complexité. Né dans le quatrième millénaire d’avant Jésus-Christ, il s’est positionné en face de l’homme-cultivateur, ce citoyen attiré des grands bassins fluviaux placés eux-mêmes sur la surface du globe terrestre, au travers de dynamiques géologiques autonomes et peu négligeables. Que répéter ? Si ce n’est qu’armé de moyens nettement plus efficaces que ceux de l’homme-cultivateur, l’homme-forgeron ne se fatiguera point tout au long de ses siècles, d’élargir la portée tout autant de l’unité que de la différence. Pour l’universalité,il l’est. Pour la spécificité aussi. Pendant longtemps et après coup, sa soumission à l’homme-cultivateur n’aura été que relative. Et en temporalité, de ce qu’il nous convient d’attribuer au Méta-Maître qu’il a été par rapport au Maître cultivateur en ce temps-là, qu’à-t-il été sinon en angle de guidance ? Et dans ce cas, le Méta-Maître, constituant un pôle d’orientation pour des événements socio-historiques, sans y acquérir le statut permis par la dominance. Au juste, celle-ci sera l’œuvre d’un homme-forgeron parmi d’autres sur la face d’un globe, mais ayant toutefois poussé comme une plante sur la pointe extrême-occidentale de l’Europe, à partir du seizième siècle. Le capitalisme, c’est l’apogée d’une longue épopée dont l’auteur n’a été que l’homme-forgeron à l’échelle planétaire. Est modernité, le temps depuis l’origine de l’homme-forgeron, jusqu’à sa crise présente. Et comme une crise c’est une transition vers un autre moment, admettons que ce personnage haut en couleur et en rebondissements, a à s’envisager pour lui-même son Méta-Maître ou alors son successeur socio-historique. Celui qui nous est promis sous le masque de l’homme cybernétique. Et à titre d’arrêt obligatoire dans notre cheminement, le saut désigné par cette crise, se déroule vers un mélange qui classera côte à côte dans la modernité, l’homme-forgeron et son homme-cybernétique. à suivre…
A.B.A.



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