Sidi El Wali

CHRONIQUES POINT ZÉRO
Quand le Président procède à un remaniement dans le gros corps des walis, on se demande toujours à quoi sert réellement de mettre, par exemple, le wali de Djelfa à Béjaïa, celui de Béjaïa à Jijel et celui de Jijel à El Tarf. Le premier serait-il plus efficace là où le second ne l’a pas été et le second ne l’a-t-il pas été pour qu’il laisse ainsi la place au troisième ?
Autre exemple, le wali de Batna se retrouve à Tizi Ouzou et celui de Tizi Ouzou à Batna, qu’ont-ils gagné et qu’est-ce qu’a gagné la population dans cette permutation ? Rien pour la seconde, peut-être une prime de risque pour le nouveau wali de Tizi Ouzou qui hérite d’une région turbulente.
Pour ce changement dans la continuité, pour ces soldats de bois mort que l’on déplace sur l’échiquier pour battre un adversaire qui n’existe pas, imaginons un bus du genre J5 conduit par le Président. A chaque arrêt, le Président se retourne et fait bouger les passagers, chacun prenant la place de l’autre par des permutations savantes et, de temps à autre, on jette un wali dehors parce qu’il n’a pas payé ou au contraire a pris trop d’argent. Puis le bus redémarre jusqu’au prochain arrêt et le prochain changement. Ce qui est sûr, c’est que le bus avance même si la permutation régulière ne le fait pas avancer plus vite.
La question pour la population, qui n’a choisi aucun de ses walis et se contente de voir le bus passer, est comment avancer plus vite ? Plusieurs solutions existent ; on pourrait changer de conducteur mais les passagers refuseraient et, surtout, le conducteur est attaché au volant par des câbles métalliques. On pourrait aussi réviser le bus, mais aucun mécanicien n’aurait ce courage. La bonne solution serait de demander aux walis de descendre du bus et le pousser pour aller plus vite. En plus, ils pourraient maigrir un peu, ce qui serait toujours ça de gagné sur la facture d’importation alimentaire.
Chawki Amari



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