Sidi Lakhdar Ben Khlouf, le poète guerrier

Sidi Lakhdar Ben Khlouf, de son vrai nom Abou Mohamed Lakhal Ben Abdellah Ben Khlouf El Maghraoui, chantre de la poésie algérienne en arabe populaire, a vécu au XVIe siècle à une époque trouble dominée par la menace que faisaient planer les Espagnols sur les villes côtières de l’Algérie.
Aucun écrit ne cerne avec précision sa date de naissance ni sa date de sa mort. On sait que ce personnage, qui était issu d’une famille très pauvre, fut en même temps chevalier, ayant participé à la bataille de Mazagran contre les Espagnols, et poète panégyrique du Prophète (QSSSL). On attribue à Sidi Lakhdar Ben Khlouf une origine sud-marocaine, la tradition le fait venir de Saquiet El-Hamra.
N’empêche, sa famille s’est établie dès le début du XIVe siècle chez les Maghraoua, une tribu berbère qui a donné son nom au massif montagneux qui va à peu près de Mostaganem jusqu’à Cherchell. Appelé à l’époque « Djebel Maghraoua », le Dahra actuel et la plaine du Chélif surtout étaient le fief des Maghraoua dont des fractions, entre autres les Béni Ziane, ont fondé le royaume zianide de Tlemcen. Les Maghraoua sont l’une des premières tribus berbères qui s’étaient arabisées. Ben Khlouf est issu de la tribu des « Azafria ». Des souvenirs précis, que le poète a transcrits de sa main, permettent de dire que Ben Khlouf était enfant à l’époque où Ténès était sous protectorat espagnol. Ayant passé une partie de sa vie dans la région de Mascara chez les Beni Chougrane, sa notoriété s’y était d’abord établie dans ces contrées avant de se répandre au-delà. Il composa des poèmes épiques et surtout religieux à la gloire du prophète Mohamed (QSSSL). Sa pauvreté, du reste, ne lui a pas permis de faire le pèlerinage à la Mecque. Cas rare, le poète a peu voyagé. Mais il a pu trouver une compensation en allant à Tlemcen où il fait la rencontre de Sidi Boumediène. Après cette entrevue, Ben Khlouf s’oriente résolument vers la glorification du Prophète (QSSSL). Lakhdar (le vert) est un surnom qui avait été donné au poète par sa mère pour effacer son véritable prénom Lekhal (le noir) donné pendant son enfance pour éloigner le mauvais œil. Ses poèmes font mention qu’il a vu 99 fois en songe le prophète Mohamed (QSSSL). Mais on pourrait situer la naissance de Sidi Lakhdar Ben Khlouf vers 1500, ce qui lui donnerait l’âge de guerroyer quand éclata en août 1558 la bataille de Mazagran, appelée alors « Le coursier du Bey » qui allait mettre aux prises les conquistadors espagnols et les troupes de Hassan Agha, fils de Kheireddine. La consolidation de la régence d’Alger et le renforcement de la sécurité publique passaient, donc, par la neutralisation du danger espagnol. Cette sanglante bataille qui avait entre autres but de desserrer l’étau autour du port de Mostaganem, étroitement contrôlé par les hommes du Comte d’Alcaudete, a été finalement remportée par les Algériens qui ont ainsi réussi à éliminer le comte espagnol. Lakhdar Ben Kkhlouf dans « Quessat Mezeghran » rapporte à sa manière ces hauts faits d’armes : « Ya farès men temm djit elyoum ghezwet Mezeghran maâlouma/Ya âjlana reyedh elmeldjoum rayet djnab ech’lou mewchouma /Ya sayelni ân ttrad elyoum quessat Mezeghran maâlouma ». L’homme qui aurait vécu 125 ans a laissé un riche répertoire qui a fourni le corpus poétique de nombreux chanteurs du châabi comme Al Anka et Bouadjadj.
Par : Larbi Graïne
Sidi Lakhdar Ben Khlouf, chantre de la poésie populaire à l’échelle maghrébine C’est au cours du XVIe siècle que le melhoun, sous la forme de poésie populaire, a fait son apparition en Algérie, par le biais du grand poète Sidi-Lakhdar Benkhlouf…Les deux grands piliers du malhoun, Sidi Lakhdar Benkhlouf et Sidi Abdelaziz El-Maghraoui, sont issus de la grande tribu des Maghraouas, dont le berceau était la vallée du Cheliff et les monts du Dahra, l’une des premières tribus berbères a s’islamiser et a s’arabiser, et qui se constituera en principautés s’étendant du Maroc a la Libye, en passant par Sijilmassa dans le Tafilalet, berceau présumé du genre musical au Maroc.
Mostaganem, fière de son patrimoine culturel, se targue d’avoir donné naissance à des personnages illustres comme le dramaturge Ould Abderahmane Abdelkader, dit Kaki, le metteur en scène Mohammed Chouikh, et des historiens tel Moulay Belhamissi,et des paroliers tel kadda Medjeded. Fief du théâtre amateur et populaire, elle abrite les grands spécialistes de la musique arabo-andalouse : Hadj Moulay Benkrizi, de la musique populaire citadine (chaâbi, Maâzouz Bouadjadj, Habib Bettahar), les maîtres de la tradition musicale bédouine (cheikh Hamada, cheikh Djilali Aïn Tedles) et des poètes tel que Cheikh Abdelkader Bentobdji, Sidi Lakhdar Benkhlouf, qui sont auteurs de célèbres quacidates de la poésie melhoun léguées autant au chaâbi qu’au bédoui tel que Abdelkader ya Boualem.
Biographie de Lakhdar Ben Khlouf inspirée selon : Achour Cheurfi de son "Dictionnaire des musiciens et interprétes algériens".
Sidi Lakhal b. Abdallah ben Khlouf, prince des bardes du Dahra, plus connu sous le nom de Sidi Lakhdar Benkhlouf, fut un brillant panégyriste du Prophète et l’un des rares auteurs qui se soient spécialisés dans le madih. Son renom qui a dépassé les limites du pays des Beni Chougran et de Mascara où il a vécu, est dû à la fécondité de son talent et aux pièces élogieuses qu’il a composées en l’honneur du Prophète et à un poème divinatoire du genre malahim. Il devient célèbre à travers sa poésie religieuse. Comme il nous l’explique dans sa qasida : « el-khezna eçghira », il dit : Ya Mohamed b’djah djahek, loula enta men s’al fiya âfouni lemma m’dahtek nef’khar bik wa la âliya.
Né vers la fin du XVe siècle, à Maghraoua situé sur les monts du Dahra, à 50 km à l’est de la ville de Mostaganem, il s’est éteint à l’âge de 125 ans, en laissant quatre garçons et une fille, auxquels il avait transmis un message, à travers une qacida, reprise à ce jour par les grands maîtres de la chanson chaâbie. « El mout lahghatni, ouel-ard el barda ». Aucune date de naissance ou de décès n’est précisée à son sujet par les auteurs de recueils de poésie.
Le Prophète lui aurait dit en songe de changer son prénom al-Akhal (noir) en Akhdar (vert). Parmi les familles migrantes, celle de Benkhlouf figurait. Lakhdar n’était à ce moment-là qu’un enfant qui d’ailleurs se rappelle très bien les difficultés rencontrées par son père, soulignant plus tard que son aïeul appartenait à la tribu des "Azafriya".
Abdallah passa toute sa jeunesse à Mazagran (localité située dans la banlieue de Mostaganem) et participa à la bataille qui porte son nom contre les Espagnols et qui a eu lieu le 26 août 1558.
Dans une qasida célèbre, il relata avec précision les péripéties de cette bataille, Après la cinquantaine, il entreprend un voyage à Tlemcen où il se rendit auprès de cheikh Abou Mohamed Abdelhak Ben Abderrahmane Ben Abdellah El Azdari El Ichbili, plus connu sous le nom de Sidi Boumédiène (594 H - 1216 JC) . Après ce contact intellectuellement très fructueux, le poète s’imprégna du mouvement religieux existant à l’époque et va de ce fait se consacrer entièrement au culte à la dévotion et à la spiritualité. Après son retour de ce voyage, il prend la décision de quitter, en compagnie de sa famille, la ville de Mazagran et la poésie lyrique pour se fixer dans une localité où vécurent ses oncles Ouled Brahim (Ouled Aïn Brahim, située à 50 kilomètres de Mostaganem). Là, il s’affirme en illustre panégyriste du Prophète.
Orphelin de père très jeune, il chérissait de manière particulière sa mère Kella. Il aurait vécu 125 ans. Malgré la célébrité du poète, la famille Ben Khelouf vivait dans la pauvreté totale. Le barde a été enterré au douar a 3 kilometres du village (DAIRA)qui porte son nom : Sidi Lakhdar (wilaya de Mostaganem). Trop pauvre pour entreprendre le pèlerinage, il eut d’extraordinaires compensations. Il aurait vu en rêve, quatre vingt-six- neuf fois, le Prophète Mohamed, l’unique objet de son amour ! Qui lui a même accordé une centième faveur : venir le voir, avec ses dix compagnons, "dans la réalité, et non plus en rêve" (felyaqda la felmnan). Ainsi qu’il en avait fait le serment dans le poème de deux cents vers qui commence ainsi : Ya taj El anbya l-kram…
Mohamed Bekhoucha rassembla 31 pièces du barde qu’il publia, en 1985, à Rabat sous le titre Diwan de Sidi Lakhdar Ben Khlouf.
Enterré à Sidi Lakhdar, localité distante de 60 km de Mostaganem, qui deviendra chaque année un lieu de pèlerinage pour les adeptes, les hommes de culte, et de nombreux citoyens, qui se rencontrent lors du rukb. Après avoir consacré quatre-vingt-dix années environ de son existence à la méditation, au medh, à la poésie, et au culte, Lakhdar Benkhlouf est considéré comme l’un des plus grands poètes mystiques algériens. Son mausolée se trouve dans la localité qui porte son nom : Sidi Lakhdar, près de Mostahanem. Le palmier qui se dresse au centre du mausolée a depuis quatre siècles et à pris une forme bien particulière. Certains vont jusqu’à lire le nom d’Allah, ce qui, serait, dit-on le signe évident de la piété du personnage. La « Ziara » annuelle dédiée à l’évocation de la vie spirituelle et l’œuvre poétique de Sidi Lakhdar Benkhlouf où des centaines de « pèlerins » se retrouvent à des occasions pour la visite du mausolée du saint homme.
Sidi Lakhdar Ben Khlouf envoyé par bobhakimos
AISSAWA A SIDI LAKHDAR BENKHLOUF 2 envoyé par mostralmia31
Dans son exil, Mostefa Ben Brahim a été influencé par les maîtres et les précurseurs. De melhoun dans le Maghreb, tels ce poète algérien de melhoun.
L’indiscret doit s’occuper de ses affaires : Auteur : Lakhdar Ben Khlouf Interprète : H’sissen
MaTla ’ L’indiscret doit s’occuper de ses affaires. Qui s’occupe d’autrui est de filiation satanique. Dieu lui refuse tout bien.
(L’indiscret), pour son avarice, aura toujours un rang inférieur ; Il parle sans aucune retenue.
Refrain Songe à la mort et à la tombe, malheureux. Combien d’hommes ont regretté leur insouciance !
Bayt Que d’hommes insouciants t’ont précédé ! Ils ont sombré dans les flots du fleuve de l’Enfer. Pourquoi ne pas t’occuper de religion, rejeter ces turpitudes ? Alors la dernière heure viendra au moment favorable pour toi, ton ultime voisinage est le tombeau.
MaTla ’
Les êtres sensés ont atteint la réussite, alors que tu ne cesses de te démener et de souffrir en public.
Observe les chevaux hennissants des vainqueurs tournant autour des bassins, des jardins et des vergers.
Combien d’hommes ont regretté leur insouciance.
MaTla ’
L’indiscret doit s’occuper de ses affaires. Qui s’occupe d’autrui est de filiation satanique. Dieu lui refuse tout bien.
(L’indiscret), pour son avarice, aura toujours un rang inférieur ; Il parle sans aucune retenue.
Refrain Songe à la mort et à la tombe, malheureux. Combien d’hommes ont regretté leur insouciance !
Bayt Que d’hommes insouciants t’ont précédé ! Ils ont sombré dans les flots du fleuve de l’Enfer. Pourquoi ne pas t’occuper de religion, rejeter ces turpitudes ? Alors la dernière heure viendra au moment favorable pour toi, ton ultime voisinage est le tombeau.
MaTla ’
Les êtres sensés ont atteint la réussite, alors que tu ne cesses de te démener et de souffrir en public.
Observe les chevaux hennissants des vainqueurs tournant autour des bassins, des jardins et des vergers.
Combien d’hommes ont regretté leur insouciance.
Source : La Nouvelle République et musique.arabe.over-blog.



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