Témoignage de Kader Bouffeneche, descendant de déporté jijelien en Nouvelle-Calédonie

Kader Bouffeneche, Algérien de Calédonie« On est d’ici, mais on a le cœur là-bas. » Kader Bouffeneche utilise les mêmes mots pour un sentiment inverse. Le cadet de la délégation calédonienne insiste : « Si on est d’ici, on perd ce qu’on a là-bas. Si on dit qu’on est d’ici, on a tout perdu. »
Kader Bouffeneche est fils d’Ahmed Bouffeneche, petit-fils de Bouffeneche Belkacem ben Ahmed. L’état civil français a toujours simplifié et estropié les noms arabes, ce qui rend parfois difficile la compréhension des parentés ; mais les Bouffeneche savent que l’aïeul était né dans la région de Jijel, s’était installé à Voh à sa libération, puis à Nessadiou dans les années vingt.Kader Bouffeneche, président de l’Association des musulmans, est un peu le père de la communauté, le gardien des traditions. « Je suis un Algérien né en Calédonie de nationalité française, explique-t-il. Je suis Calédonien parce que né ici, Arabe par le sang, et je ne rejette rien. Nos pères ou nos grands-pères n’avaient pas d’autre alternative que de se marier dans le pays, soit avec des Européennes du bagne, soit dans le monde mélanésien. De l’Arabe, il nous reste le sang, la fierté, la religion. »



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