Texenna libérée en avril 1958

Au plus fort de la guerre de libération nationale, des bourgades et villages anodins et anonymes dans ce qui fut la wilaya II historique ont réussi à écrire en lettres d’or leur nom sur les tablettes de l’Histoire de la glorieuse lutte Armée de libération nationale. Ainsi, la localité montagneuse de Texenna, perchée à près de mille mètres d’altitude sur les massifs de Jijel, se souvient encore de l’évacuation de l’occupant français après avoir été chassé de ce territoire fortement boisé, au relief accidenté et raviné.
Le 16 avril 1958 les troupes coloniales stationnées dans cette zone ont connu la débâcle, après avoir été durement frappés par ceux qu’ils appelaient les "fellaghas". Les troupes françaises, basées dans cette région, ont été acculées et ont du abandonner leurs positions et contraints de regagner la garnison de Jijel. Ces troupes ont subi un harcèlement intensif par des moudjahidine, qui les ont empêchés de recevoir tout ravitaillement. C’est à - Dar-ben-Amor ", dans l’actuel douar Béni-Khattab, qu’a été introduite la première arme de guerre, un fusil ’’Garant MAT 49’’, selon des moudjahidine qui ont vécu ces moments forts de la lutte armée de libération nationale. Vers la fin du mois de Mars 1958, les responsables de la wilaya II ont réuni les moudjahidin pour mettre à exécution une stratégie visant à attaquer les postes et cantonnements militaires et partant, empêcher toute opération de ravitaillement aussi bien en munitions qu’en nourriture. "Le départ des troupes françaises stationnées à Texenna a redonné espoir et satisfaction aux populations locales qui n’étaient plus impressionnées par cette puissance coloniale", a noté le moudjahid Allaoua K dans un témoignage. Un autre moudjahid a ajouté que ’’Texenna est devenue un bastion libre et les populations pouvaient se déplacer librement aussi bien de jour que de nuit", soulignant que les citoyens n’ont pas rencontré des difficultés auprès de l’administration locale en place pour l’obtention de documents d’état civil. Pour Messaoud A, un autre acteur de cet événement de taille, explique que "les causes de l’échec de l’occupant résidaient dans son incapacité à faire face à la mobilité des moudjahidin de l’ ALN "… " Nous avions reçu des ordres de nos supérieurs de multiplier les harcèlements et attaques des troupes françaises dans leurs déplacements ", rappelant que des consignes ont été données à tout détenteur d’arme automatique de prendre part à des opérations militaires et à des embuscades pour forcer l’occupant à quitter les lieux ". Dans le cadre du plan Challe, les troupes coloniales devaient réinvestir Texenna en 1959, procédant ainsi à des vastes ratissages dans cette région après s’être implantées dans des endroits stratégiques. Le Général Charles de Gaulle, arrivé au pouvoir, avait mis tous les moyens à la disposition de son armée pour garantir le succès du "plan Challe". Texenna et avec elle tout le territoire national, seront définitivement libérés avec le recouvrement de l’indépendance. Pour rappel, la région de Jijel a été le théâtre de nombreux faits d’armes entre le 16 avril 1958 jusqu’à fin décembre 1959. On citera l’embuscade de Aghzer le 27 juillet 1958 sur le chemin menant vers le lieu-dit Hamza où des moudjahidin sont tombés au champ d’honneur après avoir infligé des pertes à l’ennemi. L’embuscade de Ouled Bounar, entre Jijel et El Aouana, la bataille de Aïdjou (1958), l’embuscade de Kaous (même année), pour ne citer que ceux à, à coté d’une multitude d’événements, ont également constitué des moments forts de la glorieuse lutte armée de libération nationale dans cette contrée qui a été témoin de la tenue en 1958, au lieu dit "Bouakacha " à Chehna, d’une rencontre des chefs de la wilaya regroupant El Hadj Lakhdar, les Colonels Amirouche et Si El Haoues et Si M’Hamed Bouguerra.



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