Transformation du cuir à Jijel : Une question de famille

lundi 21 novembre 2011

Réputé pour sa bonne qualité, le cuir de Jijel est très prisé par les industriels et autres professionnels du secteur.

Ancien comme l’histoire de l’antique Igilgili, ce produit de terroir a pu résister contre vents et marées à toutes sortes de mutations qu’a connues la société et demeure, tel un précieux legs laissé de père en fils, préservé à ce jour dans de nombreuses communes de la wilaya. De sorte qu’on y dénombre un nombre important d’artisans du cuir, plus particulièrement dans la région côtière de Sidi Abdelaziz. Tanné, coloré ou produit fini, le moins qu’on puisse dire du cuir jijelien est qu’il a considérablement la cote auprès des industriels et autres professionnels du secteur, que nous avons rencontrés en marge de la tenue du 3e Salon national du cuir, qui se tient du 17 au 21 novembre à Jijel. Youcef Fezari, patron d’une société spécialisée dans la maroquinerie et la bagagerie (fabrication de cartables, sacs, valises…) implantée à El Tarf en fait partie. « Je confirme », lâche-t-il lorsque nous l’avons interrogé à propos de la qualité du cuir de Jijel. Et d’enchaîner : « Je suis dans le secteur depuis vingt-cinq ans et je peux vous assurer que le cuir jijelien est le meilleur en termes de qualité. Reste maintenant à innover et à imaginer de nouveaux colorants et, pourquoi pas, de nouveaux produits car la matière première existe. »

Parti d’une peau brute d’origine bovine ou caprine, le cuir connaît un long processus de transformation pour s’achever en articles de qualité. Lavage des impuretés (reverdissage), élimination des poils et des matières grasses, tannage au chrome pour donner vie au cuir ou encore teinture (application des colorants), essorage et séchage, le cuir passe par plusieurs phases pour être proposé au final sous toutes ses formes, allant de la chaussure à l’ameublement en passant par la maroquinerie, les vêtement et autres cuirs de protection. Outre une unité implantée à El Milia, le cuir local est mis en valeur par la Tannerie de Jijel (TAJ )qui assure la production et la vente de cuirs naturels destinés à l’industrie de la chaussure, de l’ameublement et de l’artisanat. Considérée comme étant le leader de l’industrie du cuir en Algérie avec plus de trente-cinq ans d’expérience, la TAJ peut assurer une capacité de production de 9 millions de pieds carrés de cuir bovin/an et propose ses services pour la sous-traitance des peaux bovines et caprines à n’importe quel stade de la fabrication et à des prix défiant toute concurrence, assurent ses responsables. « Nous avons des clients un peu partout au niveau national, notamment les institutions étatiques », nous confie le chargé de la commerciale de l’entreprise lors de ce 3e Salon national du cuir. Une manifestation qui tend à devenir une tradition et dont l’objectif justement est de mettre en valeur l’industrie de ce produit et ses perspectives dans la wilaya de Jijel.

Allant loin dans ses ambitions, la Tannerie de Jijel s’est dotée d’une refendeuse en tripe qui permet une meilleure qualité des cuirs et, surtout, une diminution considérable des déchets solides. Du coup, l’acquisition de cet équipement offre à certains opérateurs un sous-produit destiné à la fabrication de la gélatine et de la colle.

El-Moudjahid


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