Un harrak Jijeli raconte…

jeudi 10 juin 2010
par BENKAM

El-harka des anciens temps était plus individuelle ou en solo, le harak partait clandestinement au frais des bateaux algériens ou étrangers. Aujourd’hui, El-harka est devenue collective en utilisant d’important moyens économiques et un investissement technologique. Les mœurs ont changé, le charme a muté, mais le principe reste le même. Prendre la fuite de ce payer même au péril de sa vie, telle est la réalité amère que vivent ces désespérées, après cette nouvelle mutation capitaliste de l’Algérie.

L’insécurité sociale, le futur sombre, le manque d’horizon, le désespoir de ne pas avoir une vie équilibrée c’est-à-dire ne pas avoir peur du lendemain, sont les mots prononcés par mon ami LE PIRATE qui faisait la navette Annaba la Sicile dans des barques fabriqués à la hâte avec un fond plat, une proue de museau de sanglier, étanchéité faite par de la résine… Cette barque jetable de 7m peut contenir 18 personnes ; un moteur Yamaha neuf de 40 chevaux , que notre ami LE PIRATE rode lui-même quelques jours avant le départ.

Selon le PIRATE : « Les tarifs sont négociables allant de 35000 à 70000 DA pour les inconnues, un G.P.S et des fumigènes notre seul équipement de survie et beaucoup d’essence, nous partîmes en pleine nuit traversant les eaux internationale. A vrais dire, nous sommes étonnés du grand trafique, des bateaux de commerces de toutes les nationalités ; nous faisons attention de ne pas être écrasé ; dans leur sillage. Le vent de L’est freine notre marche et nous fait consommer plus d’essence. Le deuxième jour en pleine nuit nous avons rencontré un voilier, essayant de l’aborder il s’est mit a faire clignoté ces lampes, et puis prit le large les passager ; impatientés de la fin de ce dur voyage les harak pensaient que le voilier voulait juste nous indiqué le chemin ». Mais notre PIRATE est le seule marin à bord qui savait ce que signifier ce signale et tout à coup la panique s’installe à bord « Nous ne pouvons plus maîtrisé 17 personnes, disait le PIRATE, mais j’ai vite trouver l’astuce de les faire peur , j’ai pris un bidon d’essence et j’ai commencé a aspergé toute la barque , menaçant de mettre le feu s’ils ne se calment pas ; l’astuce a bien fonctionnée et le calme est revenu, sans un mot ils avaient un grand regret sur leurs visage. Les lampes allumées des grands cargos de loin nous faisaient croire que c’est une ville côtière, mais mon GPS indiquait autre chose. Le troisième jour, face à la côte Sicilienne me fait penser a ma bien aimée Jijel, mais du coup j’ai pensé aux villa au bord de la mer, j’ai travaillé toute ma vie et je connais qui sont plus agé que moi , ils ne peuvent même pas survivre, des mois sans travail et sans horizon, et lorsque je pense aux gens qui ne se sont jamais salis de leur vie vivent comme des rois, j’ai trouvé la fausse note dans cette symphonie algérienne, ( ils savent comment remplir les imprimées de la banque pour les crédits bancaires ) voila la solution mais moi je n’ai jamais su remplir toutes ces case et surtout celles qu’il faut laisser vide . Arrivé sur la plage mes jambes étaient aussi dures que du béton, je voulais qu’un passager m’aide à porter le moteur pour le vendre, mais tout le monde a pris la fuite. Je devais rejoindre le camp des réfugiés pour bénéficier d’un retour au frais de l’Etat algérien, une fois dans le centre rien ne me manquait, nourri, logis, ainsi j’ai fait des soins chez le dentiste et tout ce qu’un homme espère dans un espace de liberté, même les drogués avaient droit a une injection de morphine. Voici ma nouvelle spécialité de passeur, au prochain voyage tant que je suis pirate — proverbe des pirates —je ne m’arrêterais que lorsque j’aurais le crâne chauve.

PS : C’est mon dernier texte que je poste, je vous dis merci J.E. j’ai beaucoup appris, ce site est extras un grand merci pour toute l’équipe ; mais avant j’aimerais bien savoir qui va prendre le ministère de la pêche et l’agriculture. Bon vent .


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Réactions

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dimanche 21 novembre 2010 à 21h46, par  BENKAM

Merci Monsieur Alibendj pour vos contributions qui nous ont beaucoup appris notamment sur les conditions des pêcheurs-marins, nous espérons que les armateurs feront un bon geste en leur accordant des augmentations. Nous espérons également que la chance vous sourit pendant cette saison (juin et juillet), ainsi à tout le petit peuple, premier victime du capitalisme sauvage. Quant au ministère la pêche et l’agriculture, nous allons mettre un intérimaire parmi nous en attendant votre retour.

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