Un masque pour le souk

Au moment où les saletés envahissent nos villes, les souks deviennent difficilement fréquentables du fait des odeurs émanant des ordures en décomposition. Ces espaces très fortement sollicités en cette période de Ramadhan, sont devenus des lieux où se côtoient désordre, anarchie et saleté. Parfois l’on serait tenté de se munir d’un masque avant d’aborder ce marché nauséabond. A ces ingrédients répulsifs, il convient d’ajouter les rixes et altercations quasi quotidiennes. Les immondices déversées chaque jour aux abords mêmes des étals dressés sur la chaussée, rendent l’air irrespirable. Au marché central de Jijel, il faudrait– sans exagération aucune – se munir d’un masque pour pouvoir traverser le « champ de fruits et légumes en décomposition ». Nous nous sommes même amusé à questionner des jeunes qui vendent des légumes s’ils ne sont pas gênés par ces odeurs putrides, l’un d’eux nous répondra tout bêtement, et sans la moindre gêne : « On est habitués à ces odeurs ! » Si pour certains cela ne tire pas à conséquence, il n’en demeure pas moins que la situation est grave. Si l’on a déjà le nez bouché, il faudra aussi fermer les yeux si l’on est trop sensible pour voir la défiguration de la ville dont pratiquement toutes les rues attenantes au marché ne sont plus qu’un prolongement de ce dernier. Au Village Moussa, à l’entrée est de la ville, la situation n’est guère plus reluisante. La chaussée a carrément disparu devant les étals des commerces informels. Le mal a tétanisé les esprits, mais on se permettra de rappeler que la persistance de cette situation est tout simplement honteuse. Fodil S.



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