Vie de Mohammed (QSSSL) depuis sa naissance jusqu’à l’âge de quarante ans (1)

samedi 13 août 2011
par Mohamed Djidjelli

Mohammed, fils de Abdallah BenAbdelmottaleb et de Amina BentOuahb, naquit à La Mecque le onze Rabia-el-Aoual, ce qui correspond au vingt-deux avril 571 de l’ère chrétienne. Abdelmottaleb, chef des Koraïchites, était aussi, par son âge, le pontife de la Kaâba. Affligé par la perte de son fils Abdallah, mais récompensé par la naissance d’un petit-fils, Abdelmottaleb offrit un festin en l’honneur de cette naissance et annonça à ses hôtes qu’il donnait au nouveau-né le nom de Mohammed, (nom qui n’a jamais été porté avant lui), afin qu’il fût glorifié par Dieu dans le ciel et par les créatures de Dieu sur la terre. Le pontife de la Kaâba avait en effet l’intuition que tel devait être un jour l’homme extraordinaire qui descendait de lui. Des auteurs font remonter la généalogie de Mohammed de mâle en mâle jusqu’à son grand aïeul Ismaël, fils d’Abraham. D’autres vont plus loin encore et rattachent directement à Adam la filiation d’Abraham. Mais le Prophète défendit de faire pousser sa généalogie au-delà de son aïeul Adnân. Ce qui nous donne : Mohammed, Abdallah, Abdelmottaleb, Hachèm, Abd-Manaf, Koçay, Kilâb, Mourra, Kaâb, Louey, Ghaleb, Fihr (Koraïche), Mâlec, Nadhr, Kinân, Khozaïma, Maâdd, Adnân descendant d’Ismaël. Né orphelin de père, Mohammed fut le deuxième benjamin de son grand-père. Celui-ci, se conformant à l’usage de La Mecque, le confia à une nourrice de la campagne. Le bonheur d’allaiter le plus grand génie de l’univers échut ainsi à la grand-mère adoptive des musulmans, Halima. Malgré sa pauvreté, Halima consentit volontiers à nourrir un pauvre orphelin et pour qui elle n’espérait aucune récompense. Longtemps après le sevrage et grâce à l’aisance qui s’était implantée avec lui sous la tente de ses parents adoptifs, Mohammed fut l’enfant gâté de cette famille. Toutefois un incident imprévu l’obligea à le remettre à sa mère, Amina. Un jour, Mohammed jouait avec ses frères, lorsque trois hommes habillés en blanc le saisirent, le couchèrent par terre, lavèrent son corps avec de la neige et firent des applications au cœur, puis passè- rent la main sur le côté et s’en allèrent. Dans l’intervalle, les enfants avertirent les parents du fait et Halima arriva la première sur les lieux. Mais, contrairement à l’attente où chacun était de trouver un mort, Mohammed se releva et leur raconta froidement les détails de ce qui lui était arrivé. Le monde chrétien s’étonne de ce fait surnaturel et crie à l’imposture : mais l’Ancien Testament n’offre-t-il pas un exemple analogue ? N’est-il pas écrit qu’au toucher d’un être surnaturel, Israël eut la hanche sèche. Au foyer, Mohammed fut choyé par sa mère. Mais, quelques jours de maladie suffirent pour fermer les yeux à Amina, et Mohammed passa sous la tutelle directe de son grand-père. Abdelmottaleb, vieillard, prodigua tous les soins que l’on doit à un enfant de l’âge qu’avait alors Mohammed et par-dessus tout, à un orphelin. Deux ans après, le pontife de la Kaâba, âgé de 110 ans, s’éteignit, pleuré par les siens et regretté de toute l’Arabie. Orphelin pour la troisième fois, Mohammed passa derechef dans la maison d’Aboû-Taleb. Lors d’un voyage qu’il fit en Syrie, Aboû-Taleb emmena avec lui son neveu, alors âgé de 9 ou 11 ans. Et c’est pendant ce voyage que, pour la première fois, la mission prophétique de Mohammed fut relevée par un moine. Dans les confins de la Syrie, se trouvait un monastère dirigé par Bohaïra Sergius. Ayant remarqué l’enfant, ce moine invita exceptionnellement la caravane à déjeuner et exigea la présence de Mohammed. Sur cette rencontre, les historiens non musulmans ont échafaudé toute une légende. Ils attribuèrent les diverses vies de Prophètes qu’on lit dans le Coran à l’enseignement de Bohaïra ; malheureusement, le fait le plus curieux est que ces biographies sont en contradictions avec celles de la Bible ; outre qu’il serait malaisé d’apprendre à un enfant toute une série de biographies dans l’espace d’une demijournée. La vérité est que Bohaïra, homme profondément versé dans les Ecritures, constata chez Mohammed les signes physique et moraux du dernier Prophète, signes rapportés dans les deux Testaments, d’où il conclut que le jeune Koraïchite était le Périclytos annoncé par Jésus. Homme détaché de ce monde, la joie de Bohaïra était pour lui de faire connaître la vérité qu’il devait aux hommes et en reconnaissance de cette sincérité, le monde musulman vénère Bohaïra comme l’un des compagnons du Prophète. Devenu adolescent, Mohammed, ainsi qu’il le raconta lui-même, exerça le métier de berger. Cependant, malgré sa mysticité naissante, il ne fut pas inutile à sa patrie. Aux guerres que les Koraï- chites et les Kénânas eurent à soutenir avec les Haouâzines, Mohammed se signala par sa bravoure. Agé de plus de vingt ans, il exerça le commerce, seul ou en société et l’exactitude qu’il apporta dans la gérance des biens de Khadidja ben Khouaïled lui valut sa main. Veuve et riche, une femme ne pouvait espérer meilleur parti. D’autre part, à ne considérer que la vertu et abstraction faite de son rang parmi les Koraïchites, Mohammed ne convenait qu’à la vertueuse Khadjidja. Si l’on est généralement d’accord qu’ils avaient, au jour de leur union, lui 25 ans et elle 40 ans, quelques-uns donnent à celle-ci 35, 30 et même 28 ans. Ayant refusé plusieurs demandes, Khadidja, femme extrêmement intelligente, n’avait fait accepter par Mohammed la gérance de ses biens qu’afin d’obtenir, par la suite, le mariage. Tant par sa perspicacité que par les renseignements fournis par son fils adoptif, compagnon de voyage de Mohammed, Khadidja avait acquis la certitude que celui-ci était bien le futur Prophète de l’Arabie. En dehors des moines chrétiens, les Juifs avaient aussi familiarisé les Arabes avec l’attente de la venue d’un Prophète arabe. On raconte même qu’un jour, un docte juif trouva une réunion de femmes koraïchites, au milieu desquelles était Khadidja et qu’il leur conseilla de rechercher le Prophète, pour que la plus heureuse d’entre elles soit son épouse.


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