Vox populi : JIJEL ET MOI

lundi 28 décembre 2009
par BENKAM

Fan de la nature féerique de Jijel depuis les années 70, mon engouement pour cette région s’est amenuisé au point où j’ai décidé l’été dernier de ne plus y remettre les pieds pour des tas de raisons et que dorénavant, mes vacances je les passerai en Tunisie, et ce pour une seule raison.. Je me suis consolé d’année en année en me disant sans grande conviction que l’année prochaine la situation va s’améliorer, mais en vain. Certes, la nature est toujours aussi belle malgré le bricolage confirmé des collectivités locales et des décideurs.

Par Hamdi Amine

Malgré le fait que le reste du monde vive actuellement en 2009, à Jijel la régression féconde trouve toujours ses lettres de noblesse car en réalité, si l’on se réfère aux « grandioses réalisations » de l’Etat dans cette région triplement martyre, il semblerait que quelque part là-haut dans les méandres du pouvoir occulte, le seul développement préconisé pour cette région, jadis fière, se résume à un sous-développement planifié pour désarticuler la structure sociale et piller les potentialités inestimables de cette région. Dans les esprits sonnants et trébuchants de ceux que je ne nommerais pas, non par peur mais par mépris, Jijel ne vaut que par ce qu’elle peut apporter aux autres wilayas. Le pillage du sable qui est arrivé, tenez-vous bien, jusqu’à Béchar, le liège, l’agriculture qui produit pour les autres puisque le citoyen de Jijel s’approvisionne au niveau local à des prix exorbitants comparativement aux wilayas limitrophes. Jijel ne jouera jamais les premiers rôles et tous les commis de l’Etat nommés pour présider à sa destinée font du rapiècement et se remplissent les poches tout en piétinant sur place. Les douars et les villages, même les plus grands, tombent en décrépitude, le budget de l’Etat et de la collectivité fait le trottoir en pleine saison estivale en remplaçant l’existant toujours en bon état et en occultant les « nids-de-dinde » et les ornières qui foisonnent à tous les niveaux. La ville a eu enfin son marécage central : une vraie bénédiction pour les maladies à transmission hydrique. A tous les crédules qui me lisent, je voudrai bien qu’ils m’éclairent pourquoi le port de Djen-Djen a été implanté sur un lit de sable, dans un site réputé pour ses courants, ouvert aux vents d’ouest ? Sans doute pas pour créer une carrière de sable. La zone de Bellara a été créée, réalisée, puis annulée, pourquoi ? La fameuse gare de tri de Bazoul a été vandalisée par ses propres travailleurs qui, l’oisiveté aidant, ont démonté tous les câbles du système d’aiguillage automatique pour vendre le cuivre aux trafiquants et même les stocks importants laissés par la société étrangère qui a réalisé cet ouvrage ont été écoulés au black market. Pis encore : les systèmes de commande et les automatismes ont été dépecés. On raconte même dans la région que le fameux hôtel est loué moyennant pécule à des vacanciers étrangers à la société. Où est l’Etat ? Autre curiosité économique de la région et qui mérite un détour, c’est la zone d’inactivité de Bazoul. Jijel reste sans doute la seule ville où les autorités locales ont décrété la plage où déverse l’égout de la ville autorisée à la baignade. Le génie organisationnel a réduit la culture à une banale récolte de cachets et à des semaines du shopping qui se suivent et se ressemblent, pardon à des minifoires « internes nationales », où tous les produits douteux, invendus, obsolètes voire nocifs pour la santé, sont été écoulés à des prix touristiques. Autre trouvaille exotique : en feuilletant le Journal officiel numéro 61, j’apprends que par décret exécutif n° 09- 338 du 22 octobre 2009 modifiant l’annexe du décret n° 88-232 du 5 novembre 1988, la localité de Bazoul est devenue zone d’expansion touristique. En fait, le peu de terres agricoles qui a survécu aux grandioses actions de sous-développement viennent donc de recevoir le coup de grâce. Le transfert d’eau à partir du barrage de Chadiya, réalisé par l’Hydraulique, servira donc au dessalement des estivants. La photo de la fameuse ZET parle d’elle-même. Côté tourisme, à part l’œuvre de Dieu, seule la médiocrité préside et bien souvent on ne trouve même pas un endroit convenable pour prendre un repas, sans parler de l’enfer de la circulation qui aurait pu être évité si les ronds-de-cuir faisaient travailler un peu leur matière grise (enfin si elle existe). Je repasserai peut-être le jour où je lirai dans la presse que le fameux navire a appareillé avec à son bord tous les prévaricateurs, les magouilleurs, les lêche-bottes et leurs chefs d’orchestre vers une destination inconnue et sans canots de sauvetage.

Le Soir d’Algérie


Noter cette article :
bottom

Réactions

Logo de BENKAM
dimanche 7 novembre 2010 à 23h27, par  BENKAM

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 28/12/2009 14:08 Mis à jour : 28/12/2009 14:10
Re : Vox populi : JIJEL ET MOI
Tout-à-fait juste et cela fait bien longtemps que les djidjelliens ont compris ça. Malheureusement, nos voix sont couvertes par l’agitation des courtisans et des pillards en train de dévorer la région.


Auteur Conversation
Kutama Posté le : 28/12/2009 14:30 Mis à jour : 28/12/2009 14:40
Régulier

Inscrit le : 20/12/2009
De :
Envois : 50 Re : Vox populi : JIJEL ET MOI
Jijel n’est plus la même depuis que les « chaouis » y rentrent en conquérant. Ils ont admiré la nature ; eux habitués à une nature plate et chétive ont trouvé finalement la « terre promise », vierge et soumise ; soumise parce que ses Hommes sont morts au maquis, marginalisés sur les hauteurs de kouba, guillotinés et jetés dans un puits de pétrodollars, ou démissionnent volontairement, comme on le constate aujourd’hui dans les écrits de « Hamdi Amine » fils de chahid, qui se contente d’écrire des articles paradoxes tels que : « Revoir mon bazoul et mourir » pour lire ensuite « mes vacances je les passerai en Tunisie… » Là c’est un autre drame, on ne peut pas conduire un bateau à distance, on ne peut pas laisser, la terre conquise au prix du sang et de tant de souffrances, entre les mains des « prévaricateurs, les magouilleurs, les lêche-bottes et leurs chefs d’orchestre vers une destination inconnue et sans canots de sauvetage. »

Merci

____________________________________________________

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 28/12/2009 16:10 Mis à jour : 28/12/2009 16:54
Re : Vox populi : JIJEL ET MOI
on se dit chaque année q’on ne reviendra pas pour voir la degradation et on reviens toujours.peut etre arriverons nous à faire le deuil un jour ou peut etre un miracle surgira ,qui sait ?BALKIS

_________________________________________________________

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 29/12/2009 11:03 Mis à jour : 29/12/2009 13:17
Re : Vox populi : JIJEL ET MOI
malgré que les autre ne voi pas n ont jamais aprecié la splendeur la beauté naturel de notre wilaya , malgré que d autre veulent faire une contrfacon des vrais citoyens qui la reside , moi je voie et je verra pour toujours ma wilaya la plus facinentes des sites méme si elle serra un horizon polué plein d insect et de bizare affreuse créatures qui n ont jamais existait sur terre , ma3aki ya wilayati dalima aw medlouma
ghizléne ;- respect2 ;- respect2 ;-respect 3
_____________________________________________________

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 29/12/2009 16:07 Mis à jour : 29/12/2009 16:11
JIJEL
bonjour, j’aimerai pouvoir avoir des infos sur jijel.
j’habite en france et je souhaiterai habité là bas avec ma famille.
le paysage m’attire beaucoup et mon mari suit actuellement un stage d’apiculture car il aimerait en faire son métier à Jijel ou ses allentours.
pourriez vous me renseigner sur la vie là bas, y a t-il des commerces, des maisons à vendre ou à louer ?, ect…………
je vous remercie d’avance pour toutes les infos que vous pourrez m’apporter.
bonne aprés midi


Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 29/12/2009 20:40 Mis à jour : 29/12/2009 20:53
Re : JIJEL
A la dame dont l’époux voudrait s’isntaller à Jijel pouf faire de l’apiculture :

C’est une très bone idée car notre région, la plus arrosée de toute la Méditerranée, recèle des merveilles en matière florale. Et le miel est très apprécié et demandé car faisant partie de la médication traditionnelle locale et ingrédient de base de toute notre pâtisserie.
Sur le plan technique, je crois que nous sommes un peu en retard car nous sommes toujours dans l’élevage traditionnel mais cela devient un avantage par les temps qui courent.
Cependant, il faut prendre en compte, avant de se lancer, l’esprit et la mentalité du pays et de l’ADMINISTRATION, qui sont assez fermés pour ne pas dire hermétiques, surtout du côté administration. Donc, avant de s’engager dans un projet intelligent dans une région magnifique, il faudrait y faire un tour et tâter le terrain.
Bonne chance et bon courage !
Moh del Fobor

____________________________________________

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 04/06/2010 14:07 Mis à jour : 04/06/2010 14:07
Re : JIJEL
essalamalaykoum , je m’appel Abdallah, je suis aussi originaire de la willaya de Jijel.Je vie en Alsace mais je projète tout comme votre mari de m’installer en apiculture à El Aouana(inchAllah).En ce moment je suis en formation en apiculture depuis le mois de Janvier, jusqu’en Octobre . J’aimerais bien faire connaissance avec votre époux,vu que nous avons la même passion . Pour ce qui est des commerces, pas de soucis, ainsi que pour les locations.Par contre les maisons à vendre sont assez chères…le mieux est de vous y rendre, vous pourrez le constater… ;-arbia ;-arbia

tonimage tonimage

Top Articles