Yennayer, entre mythe et réalité

vendredi 8 janvier 2010
par BENKAM

Si pour nous modernes, un mythe est une construction de l’esprit, dans l’Afrique des premiers Imazighen, il est un intermédiaire pour transiter un savoir sur la réalité. Primitive et irrationnelle, la « pensée des mythes » nous faisait découvrir un état d’esprit que le passage (réussi) du Mythe à la Raison permettait d’attribuer à des sociétés antérieures. La mythologie, comme « objet » provisoire d’un questionnement, s’invente pour « nous » en terre et en langue amazighes. Elle est un terrain d’élection pour comprendre ce que sont les représentations culturelles.

Des anthropologues, persuadés que la mythologie constitue une harmonie rigoureuse de croyances diverses, ont voulu accompagner dans toutes ses dispositions la manière dont les récits légendaires rendent compte des pratiques sociales : coutumes, rites, arts et signes graphiques, objets, alimentation, etc. Une stèle libyque, une peinture ou une gravure rupestre, iconographies sans texte, sont toutes porteuses d’un savoir, tout autant qu’une inscription gravée dans la pierre. Elles se conjuguent dans le temps, dans l’esprit et dans l’espace, dans un ordre grammatical et rendent compte de riches représentations, elles-mêmes légendées.


Udayen n tahcurt
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Le cycle du Soleil L’eau, comme la vie, vient du ciel. C’est dans le ciel que résident les Dii mauri (Dieux maures) déjà bien avant le Néolithique. Ainsi, l’une des représentations fondamentales de la civilisation amazighe est le cycle du soleil. Les gravures rupestres, particulièrement les béliers, concurremment avec le taureau, précurseur du dieu Apis, coiffés d’un « sphéroïde », avec la présence d’une personne en position d’orant, très répandues dans tout l’Atlas saharien, ne représentaient- elles pas l’ancêtre du disque solaire égyptien ? Hérodote (Histoires, 37), confirmé par Pline l’Ancien et Diodore de Sicile, rapporte que le Soleil, Fawt, ainsi que la Lune, Your, recevaient des sacrifices de tous les Libyens (c’est ainsi que les Anciens désignaient les habitants à l’ouest du Nil). Ibn Khaldun, citant à son tour les Berbères au moment de leur islamisation, affirmait qu’ils adoraient le Soleil et la Lune (cet astre est masculin en tamazight). Mais la démonstration marquante vient de Cicéron (De Républica, IV, 4) quand l’agellid Massinissa accueillant Scipion Emilien invoquait : « Je te rends grâce, Soleil très haut, et vous autres divinités du Ciel, de ce qu’il me donne avant de quitter la vie d’ici-bas de voir sous mon toit, dans mon royaume, P. Cornelius Scipion… ».

Même si la forme est tapissée sous la plume de Cicéron par un langage fleuri, le fond est plausible et l’à propos ne manque pas de grandeur. Au-dessus d’une multitude de dieux, un dieu suprême, Ammon, dont l’oracle à Siouah déborda largement des limites géographiques libyennes (l’oasis de Siouah, en Egypte, aux extrémités de la Libye). Son nom, sa popularité, sa face policée sous l’illusion hellénique conquirent le monde méditerranéen. Aujourd’hui encore, alors que nous rythmons nos chants soufis par « Allah-Allah », dans l’Egypte contemporaine, on n’a pas oublié le dieu berbère célébré dans le temple de Siouah en scandant leurs chants par « Ammon-Ammon ». Neith la « Libyenne » La déesse Neith est appelée la « Libyenne ». Neith était tout à la fois la déesse créatrice et le dieu, car issue de l’Océan primordial où elle se déplaçait sous la forme d’un poisson, après avoir pris la forme première d’une vache, Akhet. Neith avait annoncé « la venue d’un dieu, dieu des dieux et des hommes.

Son oeil serait la lumière du monde qui sombrerait dans les ténèbres quand il le fermerait ». Neith ajoutait : « Je le porterai, je lui insufflerai ma force, je lui offrirai ma vigueur, je le protégerai de ceux qui s’élèveront contre lui, je l’aiderai à vaincre.  » Neith a tenu également sept propos, dont le sixième faisait appel à Ammon-Râ « à grands éclats de voix :“Viens, viens toi que j’ai créé, […] car je suis ta mère, Akhet, la vache divine !” Le dieu vint alors, tout souriant, se jeta à son cou. Et ce jour devint le plus beau jour de l’an. » Ce jour marque la naissance de l’année selon le calendrier solaire amazigh « Puis il pleura dans l’eau (initiale) quand il ne vit plus sa mère, la vache divine, qui s’était éloignée dans le ciel, et les hommes naquirent des larmes de son oeil ; et il saliva quand il la revit, et les dieux naquirent de la salive de ses lèvres2.  » Neith l’emporte alors entre ses cornes loin de ses ennemis, nageant jusqu’à son sanctuaire de Saïs dans le Delta où elle s’installe sous son aspect de déesse guerrière, portant l’arc et les flèches.

Sheshong 1er fonda la XXIIe dynastie pharaonique en 950 av. J.-C., date de départ du calendrier amazigh

Le Pharaon est célébré en grande pompe quand il prend « la grande couronne blanche [des mains] de ces très grands étrangers qui président aux Libyens3 ». Les Lebou ou Libyens vont s’octroyer une place primordiale dans l’histoire de l’Egypte dès la première dynastie thinite (vers 3000 av. J.-C.) où ils apparaissent sur la palette de Nâmer, puis, en participant à la coalition des Peuples de la mer. Alexandre Moret a remarqué que « leurs noms et ceux de leurs chefs rappellent exactement ceux des Numides de l’Histoire classique4 », peutêtre originaires de l’Atlas. Ramsès III se voyait obligé de les installer dans le Delta par « dizaines de mille ». Un de leurs chefs établi sa domination sur Hiérakléopolis. Son septième descendant, Sheshong 1er (Cacnaq u1), conqui le Delta, répartit le sol entre les Libyens et fonda la XXIIe dynastie pharaonique en 950 avant J.-C, date innovatrice du calendrier amazigh. Par ces Pharaons, fondateurs de la XXIIe (-950) à la XXVe (-663) dynastie, la diffusion de la civilisation égyptienne sur le « far west » mau-rétanien et inversement l’expansion de la culture amazighe le long de la vallée du Nil, durent certainement se conquérir mutuellement dans une union charnelle et spirituelle. Le Texte de Chabak ou la cosmogonie de l’Univers C’est sous la XXIVe dynastie libyenne qu’a été gravé le fameux Texte de Chabaka (environ 730 av. J.-C.) qui expose la cosmogonie de Memphis où le cœur et la langue sont à l’origine de toute chose. C’était le Noun, un espace liquide, sombre épais, aux contours indéfinis. Dans cette immensité, les ténèbres étaient absolues, ce n’était pas la nuit puisqu’il n’y avait pas de jour. Un démiurge allait naître de ces lymphes, de ces fluides qui sont tout à la fois sperme, crachat et salive, tous créateurs de vie et de paroles. Le démiurge Atoum, « Celui qui est complet », « Celui qui est la totalité », « Celui qui est et qui n’est pas », était aussi le cœur et la langue de cette immensité. Car le cœur est dans le corps,la langue dans la bouche, et on les retrouve tous deux dans tous les êtres, qu’ils soient dieux, humains, animaux ou reptiles. Les rôles sont partagés et complémentaires.

Le cœur conçoit et la langue exécute, ils deviennent les dieux suprêmes de cette assemblée des dieux que constitue le corps. L’Ennéade, ou la multiplicité des dieux issus d’Atoum, symbolise les dents et les lèvres, mais aussi la semence et les mains d’Atoum (il faut rappeler qu’Atoum créé la généalogie des autres dieux à partir de lui-même, par masturbation). L’Ennéade des dieux est donc issue de sa semence, elle est aussi cette bouche qui prononce le nom de toutes choses qui conduisent du un au multiple. Les yeux qui voient, les oreilles qui entendent et le nez qui respire assistent le cœur dans sa tâche, lui donnent la connaissance qui permet la pensée qu’exprimera la langue. Quand les dieux lui demandent quel est leur destin et l’interrogent sur la durée de leur vie, il répond à chacun : « Tu es destiné à vivre des millions de millions d’années. Pourtant, je détruirais tout ce que j’ai créé ; ce pays retournera à l’état de Noun, à l’état de flot, à son premier état. Je suis ce qui restera, avec Osiris, quand je serai redevenu serpent. Et ce que je serai, les hommes ne peuvent pas le connaître, les dieux ne peuvent pas le voir. Car je suis la totalité de ce qui est et ce qui n’est pas. Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait étant seul, avant que personne d’autre ne se manifeste à l’existence. Seul j’ai pensé toute la création.5 » Tout le Texte de Chabaka est sousentendu par l’idée que le monde tel qu’il existe a été délibérément conçu par le démiurge. Le cœur/conscience/esprit et la langue qui énonce sont incarnés par Hou, « Verbe créateur », et Sia, « Connaissance, Pensée créatrice ». Ces deux concepts qui n’ont ni sanctuaire ni culte et ne constituent-ils pas à proprement parler des divinités ? Ils sont présents dans le démiurge lors de la création. On les retrouve chaque nuit aux côtés de Rê-Atoum, dans la barque solaire, dans le cadre de ce cycle quotidien du retour au néant où se reconstitue un nouveau soleil L’identité vient droit du Paléolithique Une anthropologie comparative faisant retour sur la perception de nos symboles culturels convie à libérer certaines constances constitutives qui sont comme inscrites dans la conscience de la plupart des individus d’une même culture. Depuis le XIXe siècle, les nations occidentales se sont données les arguments et les preuves pour croire en quelque chose d’aussi « mythique » que l’identité nationale. Pour faire une nation, disait Maurice Barrès, « il faut des cimetières et un enseignement d’histoire ». En 1986, l’historien Fernand Braudel, racontant l’odyssée de « l’identité de la France », pouvait se porter témoin que celle-ci venait droit du Paléolithique. Il n’a pas été entendu par la seule extrême droite. Il y a une quinzaine d’années, une petite province d’Italie, se proclamant « Padanie » par son ascendance « celtique  », choisissait de créer un ministère de l’Identité nationale. Quand en octobre 1981 je publiais le premier Agenda berbère – Tibbur’useggwas 19826, je participais à un acte militant où il fallait restituer dans un document unique et synthétique la masse de textes que j’amassais au fil des années. Le 1er yennayer 2932 figurait le 13 janvier 19827, parce que le changement de date commence la veille, à la tombée du soleil, à l’heure du dîner. Dans toutes les composantes berbérophones, comme dans l’ensemble maghrébin, la « journée » va d’un coucher de soleil à l’autre, une conception du temps très ancienne. La genèse divise le temps de la création en ces termes : « Il y eut un soir, il y eut un matin8 ». A Ouargla, la journée commence à l’heure du sommeil (tin id)es), quand retentit l’appel à la dernière prière, une heure et demie environ après le coucher du soleil (deffer ut)t)u n tfewt). Les années touareg, comme dans tout le monde berbère, sont des années solaires, allant du milieu d’un hiver au milieu de l’hiver suivant, c’est-à-dire du 1er yennayer au 31 dujember9. Yennayer, le nouvel an amazigh, est le jour consacré à l’origine pour célébrer la fin de l’année culturale. Il devenait depuis l’enjeu des militants en quête de symboles identitaires. D’abord célébré à Paris par l’Association culturelle berbère (ACB), il s’est propagé comme une traînée de poudre à toute l’aire berbère. La mairie de Paris, depuis une dizaine d’années, célèbre le nouvel an amazigh, devenu une vitrine identitaire pour les nombreuses associations. A Agadir, le conseil de la ville a même participé depuis 2007 à l’organisation des festivités  : « C’est une première ! Aucune instance officielle ne l’avait fait jusque-là », relève avec contentement Mohamed Barchill, un animateur de Tamunt n Iffus, association de la ville du Souss marocain. Là, le Réseau amazigh pour la citoyenneté, qui s’était vu refuser dans le passé l’agrément de disposer d’une salle publique pour fêter Yennayer, a politisé le nouvel an amazigh, voulant voir Yennayer inscrit par l’UNESCO sur la liste du patrimoine oral de l’humanité. Pour Ahmed Arrehmouch, président du Réseau, “ c’est devenu une date-symbole pour nous. A ce titre, nous revendiquons que Yennayer soit décrété fête nationale chômée par le Maroc”. C’est sans doute ce qui explique la crispation des autorités chérifiennes à son égard, peu transportées à l’idée de voir, ce qui était à l’origine une fête agraire et bon enfant, transformée en cérémonie solennelle et officielle. Des signes désignifiés, des rituels déritualisés : le mécanisme fonctionne encore comme chez tant de sépulcres vivants C’est à première vue un rituel symbolique observé collectivement qui s’enchâsse dans une gratuité marginale, comme on met des journaux à la disposition des voyageurs, ou les cadeaux d’entreprise. Partant de l’échange symbolique tel que le décrivait Marcel Mauss10, on pourrait percevoir de tout cela les résidus dans la carte de voeux qui relève plutôt de cette apparente chaîne sociale désunie que nous tentons désespérément de ressouder à travers des signes désignifiés, des rituels déritualisés. Celle-ci pourrait faire partie des « sédiments sociaux » de tous ces rituels déposés au fil du temps par de longues relations qui n’ont plus leur force ni leur puissance. Nous troquons désormais des représentations vides, malgré les reflets teintés de couleurs cérémoniales et la petite tonalité somptuaire de ces cartes qui ne viennent cependant sceller aucun pacte. Quand les signes passent ainsi dans une existence seconde, au-delà de leur propre finalité, leur existence peut devenir interminable. On peut penser aux commémorations dépourvues de rituel, aux fêtes qui ne battent plus une réelle vie collective et ne font que remémorer le souvenir du « lien social ». On peut penser à toutes les pratiques politiques, et même au système électoral : c’est une survivance maintenue à bout de bras, mais ce n’est plus un système vivant de représentation. Le mécanisme fonctionne encore, comme chez tant de sépulcres vivants … Retour à une fierté identitaire Le 1er yennayer 2960, le nouvel an amazigh devient un événement bien spécial pour l’ensemble de l’Afrique septentrionale, les populations s’étant réconciliées avec leur histoire, avec le moi clandestin, quand le dix-huit novembre dernier, par un heureux coup de pied sur le ballon rond, les Verts marquaient à Khartoum le but qui les sélectionnait pour participer au Mondial. On a vu le peuple, devenu enfin responsable, se prendre en charge : dans toutes les régions du pays, les Algériens ont partagé la même impulsion, le même transport, le même élan, dans un même peuple, dans une même fierté identitaire. Cette réjouissance sans trouble et cette parfaite harmonie montrent qu’à cette occasion le peuple a compris qu’il était doué pour faire des miracles. Dans le vol Khartoum- Alger, l’amazighité n’était plus illégale, chacun célébrait sa souche berbère pour répondre aux pamphlétaires égyptiens qui qualifiaient l’Algérien de « barbare ». Comme par magie, le berbère n’est plus envisagé comme langue étrangère. La Télévision algérienne va même questionner des Kabyles en kabyle, sans doublage ni traduction ni commentaire. Une communion d’idées et de sentiments gouvernait. Par dessus les frontières étatiques, Tunisiens, Marocains, Libyens étaient autant concernés par ce match retour. Dans les SMS qu’ils s’envoyaient, ils se disaient : « On a gagné ! ». A l’instar de ce tir bien ciblé et salutaire, les Amazighs, des îles Canaries à la Libye, de la Méditerranée à la boucle du Hombori sur le fleuve Niger, invoqueront les forces de la nature pour que les récoltes soient bonnes. A Rabat, Alger, Tunis, on ouvre la porte de l’année Dans chaque famille, le père va sacrifier un poulet que la mère préparera pour le couscous. Avant de présenter le plat au dîner, dans certaines régions du Maghreb, la mère dissimulera un noyau de datte. La tradition se souvient que la personne qui tombera dessus, Dame Fortune lui sourira toute l’année… 2960. Augurée comme ça, cette date futuriste pourrait laisser confondre la charmante famille avec des Klingons, échappés d’un épisode de Star Trek. Il n’en est rien, elle est bien de chez nous. Cette famille peut être d’Arris ou de Matmata, d’Azazga ou de Ouarzazat, de Ghardaïa ou de Ghadamès. Elle fête Yennayer, le nouvel an amazigh. « Tawwurt useggwas », la porte de l’année en Kabylie, ou « Adaf useggwas », l’entrée de l’année dans le chenoua, ou encore « ixef useggwas », le premier de l’année dans les Aurès, est « une fête ancestrale qui, depuis des siècles, clos la fin d’une année agricole pour ouvrir une autre », m’expliquait, il y a déjà longtemps, ma mère. Aujourd’hui, on fête une tradition immémoriale en plein cœur d’Alger, de Rabat ou de Tunis. Et tous, aussi bons musulmans qu’ils soient, reconduisent une persistance païenne, célébrée il y a des milliers d’années par leurs ancêtres. Dans le subconscient des gens, Yennayer fait frissonner les grands récits fondateurs, ceux qui traversent les générations. 1 Charles-André Julien, Histoire de l’Afrique du Nord, Payot & Rivages, « Grande Bibliothèque Payot », Paris, 1994, p. 62. 2 Nadine Guilhou et Janice Peyre, La Mythologie égyptienne, Marabout (Hachette Livre), Paris, 2006. 3 Ch.-A. Julien, op. cit., p. 62. 4 Alexandre Moret, cité par Ch.-A. Julier, op. cit., p. 63. 5 P. Barguet, Le Livre des Morts des anciens Egyptiens, Edit. du Cerf, coll.« Littératures anciennes du Proche-Orient »Paris, 1978, rééd. 1988. 6 Ali Sayad, Tibbur’useggwas – Agenda berbère 1982, Langues et cultures berbères, Musée de l’Homme – Palais Chaillot, diffusion Editions L’Harmattan, Paris, 1981, 404. 7 Le calendrier julien (officialisé par Jules César) fixait le début de l’année à ce jour-là, au lieu de mars. Il ne fut pas suivi par l’Occident médiéval qui utilisa, selon les pays, des dates différentes  ; ce qui avait peu d’importance pour l’immense majorité des gens, ignorants du temps et du calendrier. Aux VIe et VIIe siècles de notre ère, plusieurs provinces de France commençaient l’année au 1er mars. Au temps de Charlemagne, l’année commençait à Noël. Bien que la fête de Pâques fut mobile, du 22 mars au 25 avril, le début de l’année se plaça à Pâques sous les Capétiens. Cet usage était presque général au XIIe et XIIIe siècles et se rencontrait encore dans certaines régions. L’année variait en longueur continuellement et de fâcheuses confusions pouvaient se produire. Ainsi, l’an 1347, commencé à Pâques le 1er avril, se termine aux Pâques suivantes, le 20 avril ; l’année 1347 eut ainsi deux mois d’avril presque complets ! Pour mettre fin aux ambiguïtés du calendrier, un édit de Charles IX, qui prit effet en 1567, rendit obligatoire la date du 1er janvier. Ce choix avait été édicté en Allemagne vers l’an 1500. L’Angleterre conserva la pratique du 25 mars jusqu’au XVIIIe siècle. Elle accepta le 1er janvier en même temps que le calendrier grégorien : l’année 1751 commencée le 25 mars ne s’acheva pas et perdit janvier, février et vingt-quatre jours de mars. Lord Chesterfield, promoteur du Bill, fut poursuivi par le peuple aux cris de « Rendez-nous nos trois mois. » En Russie, jusqu’à Pierre le Grand, le nouvel an commença le 1er septembre. Il fut fixé au 1er janvier du calendrier julien qui correspondait au 12, puis au 13 janvier du grégorien. L’Eglise orthodoxe russe a gardé le décalage de l’ancien calendrier qui lui fait fêter Noël à l’Epiphanie catholique. 8 Genèse, I, 5. Le calendrier biblique fait débuter la journée au moment du coucher du soleil. Fondées sur les périodes lunaires, les fêtes commençaient lorsque la lune apparaissait dans le ciel. La nuit fut d’abord divisée en trois gardes ou veilles, puis en quatre, sous l’influence égyptienne, comme le montrent les quatre veilles mentionnées dans les Evangiles de Matthieu (chap. 14, 25) et de Marc (chap. 6, 42). Le jour fut divisé en heures après l’exil à Babylone, mais on utilisait que les termes troisième, sixième et neuvième heure pour se repérer. Dans cette répartition, la troisième heure correspondait à un moment situé entre 9 et 12h, selon la saison, la sixième heure entre 12 et 15h, et la neuvième heure à un moment situé entre 15 et 18h.

Par Ali Sayad, anthropologue


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Réactions

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lundi 8 novembre 2010 à 17h20, par  BENKAM

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 08/01/2010 22:48 Mis à jour : 08/01/2010 22:55
Re : Yennayer, entre mythe et réalité
Apparemment meme à jijel on faisait ce genre de pratiquues qu’on voit dans cette vidéo. Est-ce qu’il y a quelqu’un qui peut me renseigner sur l’origine et ls signification de cette pratique.

Merci


Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 09/01/2010 21:43 Mis à jour : 09/01/2010 21:49
Re : Yennayer, entre mythe et réalité
LE NOM DE L’auteur de cet article ? Merci. POUR + de precisions et de clarté.


Auteur Conversation
Jijelecho Posté le : 09/01/2010 21:53 Mis à jour : 09/01/2010 21:53
Webmestre

Inscrit le : 27/05/2008
De :
Envois : 280 Re : Yennayer, entre mythe et réalité
Par Ali Sayad, anthropologue

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Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 10/01/2010 07:18 Mis à jour : 10/01/2010 07:44
Re : Yennayer, entre mythe et réalité
Ce déguisement était pratiqué jadis chez les Beni-Caid.

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